Lunettes connectées : peut-on être filmé à son insu ? La justice française s'en saisit

Lunettes connectées : peut-on être filmé à son insu ? La justice française s'en saisit
Lunettes connectées : peut-on être filmé à son insu ? La justice française s'en saisit

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour des faits présumés de harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées. Ces appareils, capables de filmer discrètement, inquiètent aussi la CNIL en raison des risques pour la vie privée.

Les lunettes connectées attirent de plus en plus l'attention des autorités françaises. Le parquet de Paris a ouvert au moins une enquête après des plaintes liées à des vidéos de femmes filmées dans la rue sans leur consentement, puis diffusées sur les réseaux sociaux. La marque utilisée dans cette affaire n'a pas été précisée.

Le sujet dépasse désormais le seul cadre judiciaire. La CNIL explique que ces lunettes rendent plus difficile l'information des personnes filmées et, lorsque cela est nécessaire, le recueil de leur consentement. Selon un sondage réalisé par l'autorité en janvier, 67% des Français interrogés considèrent que ces appareils présentent un risque pour la vie privée.

Les entreprises s'interrogent aussi

La CNIL a également reçu moins de dix plaintes concernant l'utilisation de lunettes connectées dans le cadre professionnel. Des entreprises lui demandent de plus en plus si elles peuvent en interdire le port sur le lieu de travail.

Les modèles les plus connus, développés notamment par Meta avec EssilorLuxottica, intègrent une caméra et des fonctions d'intelligence artificielle. Meta assure avoir intégré la protection de la vie privée dès la conception de ses appareils.

En France, filmer une personne dans un lieu privé sans son consentement peut être puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

La CNIL rappelle toutefois que l'essor de ces lunettes pose de nouveaux défis, notamment lorsque les enregistrements sont réalisés dans l'espace public ou diffusés rapidement en ligne.