Le constat est massif. Un Français sur deux déclare avoir du mal à vivre dignement avec les revenus de son foyer, d'après un baromètre publié par le Pacte du pouvoir de vivre et la Fondation Jean-Jaurès. Réalisée par Ipsos BVA auprès de 12 000 personnes représentatives de la population, l'enquête montre une fragilité qui dépasse largement les seuls ménages vivant sous le seuil de pauvreté.
Des renoncements jusque dans l'assiette
Les privations touchent d'abord le quotidien. La moitié des personnes interrogées affirment avoir renoncé, au cours des six derniers mois, à acheter des aliments de qualité pour des raisons financières.
L'avenir inquiète tout autant. 59 % des sondés craignent que leurs dépenses d'énergie fassent baisser leur niveau de vie dans les années à venir. Chez les jeunes, c'est surtout le coût du logement qui préoccupe.
Jérémie Peltier, codirecteur de la Fondation Jean-Jaurès, décrit un sentiment de déclin personnel et parle de "vies rétrécies".
Solitude et société sous tension
Le baromètre pointe aussi l'isolement : 35 % des répondants disent n'avoir personne, ou presque, sur qui compter en cas de coup dur. Et la perception du climat social est sombre : 95 % estiment vivre dans une société conflictuelle. L'insécurité et les incivilités arrivent en tête des sources de tension (59 %), devant les inégalités (42 %).
Peser dans la présidentielle
Créé en 2019 après le mouvement des Gilets jaunes, le Pacte du pouvoir de vivre rassemble plus de 60 organisations engagées sur les questions sociales et environnementales. Ses membres veulent faire de ces préoccupations un enjeu de la campagne présidentielle. Porte-parole du collectif, Christophe Robert dénonce, face aux inquiétudes de la jeunesse, "le sentiment d'un immense gâchis".