Le général Benoît Puga entendu en garde à vue dans une enquête pour corruption

Le général Benoît Puga entendu en garde à vue dans une enquête pour corruption
Crédit : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

L’ancien grand chancelier est soupçonné d’avoir favorisé l’attribution de décorations à des proches d’un sénateur en échange d’avantages.

Le général Benoît Puga est ressorti libre mercredi 23 septembre, après une garde à vue commencée la veille à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, révèle Le Parisien. Aucune poursuite n’a été engagée contre lui à ce stade alors que l’enquête se poursuit.

Ouverte en septembre 2023 par le Parquet national financier pour corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêts, elle porte sur les liens entre l’ancien grand chancelier de la Légion d’honneur et Jean-Pierre Bansard, sénateur apparenté LR décédé en 2024, à la tête du groupe hôtelier et immobilier Cible.

Les enquêteurs cherchent à savoir si Benoît Puga est intervenu, entre 2016 et 2023, pour faire décorer des membres de la famille ou de l’entourage du sénateur, et s’il a bénéficié en retour d’avantages : séjours en Corse, dîners ou éventuels contrats pour ses proches. Mediapart avait déjà révélé plusieurs décorations attribuées dans l’entourage de Jean-Pierre Bansard. Des perquisitions ont eu lieu en février 2024 aux domiciles des deux hommes et dans des sociétés liées à l’affaire. L’épouse du sénateur, un restaurateur et un homme d’affaires ont également été entendus récemment.

Grand chancelier de 2016 à 2023, Benoît Puga avait auparavant dirigé l’état-major particulier de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande.

La famille Puga a déjà croisé la justice militaire : Hubert Puga, père du général, avait engagé son régiment dans le putsch d’Alger en 1961. Condamné à cinq ans de prison avec sursis, il avait été exclu de l’armée.