"Je suis le seul responsable." Devant les députés, Laurent Nuñez a reconnu mardi l’incapacité des forces de l’ordre à protéger certains commerces et bâtiments publics lors des violences du 17 octobre. Le ministre de l’Intérieur était entendu à l’Assemblée nationale dans le cadre des travaux d’enquête sur cette journée de mobilisation.
Il a rappelé avoir proposé sa démission dès le lendemain des événements. Emmanuel Macron l’avait refusée. Le ministre reste donc en fonction pour défendre ses décisions et expliquer les défaillances du dispositif.
Une simultanéité insuffisamment anticipée
Son explication dépasse la question du nombre de manifestants attendus. Les risques avaient été identifiés, a-t-il assuré, mais leur survenue simultanée avait été insuffisamment anticipée.
À Paris, il a notamment décrit des forces mobilisées autour du cortège principal, mais également place de la République face aux affrontements, tandis que d’autres groupes tentaient de rejoindre des lieux de pouvoir. Les pillages se seraient ajoutés à cette dispersion des effectifs.
Le ministre estime ainsi qu’un renforcement des moyens humains n’aurait pas, à lui seul, empêché les violences. Il met en cause la combinaison des incidents et leur intensité, plutôt qu’un simple manque de policiers.
Les commerçants entendus ce mercredi
Laurent Nuñez a également défendu les adaptations mises en place pour les manifestations du 24 octobre. Le positionnement des forces, les contrôles et les parcours éloignés de certains centres-villes auraient, d’après lui, contribué à une meilleure maîtrise de cette deuxième journée.
Ces explications ouvrent les travaux parlementaires sans les clore. Les députés doivent désormais confronter la présentation du ministre aux témoignages des acteurs concernés.
Une table ronde réunissant des représentants de commerçants touchés par les violences est programmée ce mercredi 4 novembre à 14 h 45. Des associations de Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux doivent y participer.