Assassinat de Dominique Bernard à Arras : le principal suspect renvoyé aux assises, son frère et son cousin échappent au procès

Assassinat de Dominique Bernard à Arras : le principal suspect renvoyé aux assises, son frère et son cousin échappent au procès

Trois ans après l'assassinat du professeur Dominique Bernard à Arras, la justice a ordonné ce mercredi 4 novembre le renvoi de Mohammed Mogouchkov devant une cour d'assises spéciale. En revanche, son frère et son cousin, également mis en examen dans cette affaire terroriste, bénéficient d'un non-lieu. Une décision que le Parquet national antiterroriste a annoncé vouloir contester.

L'enquête judiciaire sur l'attentat d'Arras franchit une étape décisive.

Ce mercredi 4 novembre, trois juges d'instruction ont décidé de renvoyer Mohammed Mogouchkov devant une cour d'assises spécialement composée pour l'assassinat du professeur de français Dominique Bernard.

Le 13 octobre 2023, l'enseignant avait été tué lors d'une attaque au couteau devant le lycée où il exerçait, dans le Pas-de-Calais. Trois autres personnes avaient été blessées.

Le principal suspect avait revendiqué son geste au nom du groupe État islamique dans une vidéo.

Un non-lieu pour le frère et le cousin du suspect

La décision des magistrats comporte toutefois une différence majeure avec les réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat).

Alors que le ministère public souhaitait également voir comparaître deux proches du principal suspect, les juges d'instruction ont prononcé un non-lieu en faveur de son jeune frère, Souleiman Mogouchkov, et de son cousin.

Dans ses réquisitions du 23 juin, le Pnat avait pourtant demandé le renvoi du frère pour participation à une association de malfaiteurs terroriste.

Le parquet avait abandonné l'accusation de complicité d'assassinat, considérant que Souleiman Mogouchkov avait pu constater la radicalisation violente de son frère, sans pour autant connaître la nature de son projet criminel.

Concernant le cousin, le ministère public réclamait un procès pour non-dénonciation de crime.

Ce dernier avait reconnu pendant l'enquête avoir connaissance de la radicalisation de Mohammed Mogouchkov. Il avait également indiqué que celui-ci lui avait demandé de réparer un couteau quelques semaines avant l'attentat.

Le cousin avait admis qu'il aurait dû alerter sa famille ou les forces de l'ordre.

Le Pnat a annoncé faire appel des deux décisions de non-lieu.

Si le non-lieu représente une victoire judiciaire pour les deux proches du principal suspect, l'appel annoncé par le parquet signifie que leur situation n'est pas définitivement tranchée.

Mohammed Mogouchkov, lui, devra répondre devant une cour d'assises spéciale des faits qui lui sont reprochés dans l'attentat du 13 octobre 2023.