Manifestations : Laurent Nuñez refuse de renoncer aux grenades et aux gaz lacrymogènes malgré les blessures de lycéens

Manifestations : Laurent Nuñez refuse de renoncer aux grenades et aux gaz lacrymogènes malgré les blessures de lycéens
DR

Le ministre de l'Intérieur ne compte pas modifier sa position sur l'utilisation des armes intermédiaires lors des manifestations. Auditionné lundi 2 novembre à l'Assemblée nationale, Laurent Nuñez a défendu le recours aux grenades et aux gaz lacrymogènes, malgré les graves blessures subies par plusieurs lycéens ces dernières semaines. Il affirme que ces équipements restent indispensables à la protection des forces de l'ordre.

Pas question de désarmer les policiers chargés du maintien de l'ordre. C'est le message adressé lundi 2 novembre par Laurent Nuñez aux députés de la commission des lois de l'Assemblée nationale, lors de son audition consacrée au budget 2027 du ministère de l'Intérieur.

Interpellé sur les méthodes employées face aux manifestants, notamment après les graves blessures de lycéens pendant le mouvement de mobilisation, le ministre a écarté toute remise en cause de l'utilisation des armes intermédiaires.

"Je ne renoncerai à aucun moyen intermédiaire (grenades, gaz lacrymogène…) pour la bonne et simple raison que les policiers ont besoin de se défendre quand ils sont pris à partie", a-t-il déclaré.

"La répression, elle n'existe pas"

Face aux critiques de plusieurs parlementaires, Laurent Nuñez a également contesté le terme de "répression", employé notamment par la députée LFI Gabrielle Cathala.

"La répression, elle n'existe pas. Nous, on est là pour éviter les troubles à l'ordre public", a répondu le ministre.

Il a assuré privilégier les manifestations qui se déroulent sans intervention policière.

"Je suis content quand une manifestation arrive à son terme sans qu'on ait eu à faire usage de la force", a-t-il affirmé.

Laurent Nuñez a insisté sur la nécessité, selon lui, de distinguer les manifestants des individus responsables de violences.

"Moi, j'interviens quand il y a des violences et uniquement dans ce cas-là", a-t-il soutenu, évoquant ceux qui brisent des vitrines, attaquent les policiers ou lancent des cocktails Molotov.

Le ministre a également appelé chacun à retrouver une volonté de "continuer à vivre ensemble" dans les six mois précédant l'élection présidentielle.

Aucune suspension envisagée pour les gaz lacrymogènes

Autre sujet soulevé lors de cette audition : les conséquences sanitaires d'une exposition aux gaz lacrymogènes.

Plusieurs femmes ont notamment signalé des troubles menstruels après avoir participé à des manifestations.

Interrogé sur ces témoignages, Laurent Nuñez a déclaré ne pas avoir connaissance du "caractère nocif du gaz lacrymogène", qu'il présente comme "l'armement intermédiaire de base".

Le ministre a invoqué des études réalisées en 2021 et 2022 qui, selon lui, n'auraient pas mis en évidence d'atteintes à la santé, les effets constatés disparaissant rapidement.

"Je ne suspendrai pas par principe de précaution l'utilisation du gaz lacrymogène", a-t-il conclu.

Une position réaffirmée alors que les pratiques françaises de maintien de l'ordre font l'objet de critiques à la suite des blessures survenues pendant les dernières mobilisations.