"On aurait dû y aller plus vite" : Emmanuel Macron reconnaît des erreurs face à la colère des lycéens

"On aurait dû y aller plus vite" : Emmanuel Macron reconnaît des erreurs face à la colère des lycéens

Interrogé par HugoDécrypte le 29 octobre, Emmanuel Macron est revenu sur les cinq semaines de mobilisation qui secouent la France. Le président de la République a reconnu une réaction trop tardive du gouvernement et appelé les lycéens à reprendre les cours après les vacances de la Toussaint. Il s'est également exprimé sur Parcoursup, le pouvoir d'achat et la montée du racisme.

Emmanuel Macron veut mettre fin à la crise sociale. Deux jours après les annonces gouvernementales destinées à répondre aux revendications des lycéens et des étudiants, le chef de l'État a accordé un entretien au journaliste Hugo Travers, diffusé sur la chaîne YouTube HugoDécrypte.

L'occasion pour le président de reconnaître certaines erreurs dans la gestion du mouvement.

"On n'a pas été assez rapide, collectivement, dans la réponse. On aurait dû y aller plus vite, moi le premier", a-t-il concédé.

Désormais, Emmanuel Macron espère un retour à la normale dès la rentrée du lundi 2 novembre.

"Ce que je souhaite surtout c'est, compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue, qu'elle puisse reprendre les cours, que le calme revienne", a-t-il déclaré.

Parcoursup remplacé, mais défendu par Macron

Interrogé sur le remplacement annoncé de Parcoursup d'ici 2028, le chef de l'État a défendu le fonctionnement actuel de la plateforme d'orientation.

"On a un système avec Parcoursup qui est bien meilleur que ce qu'il y avait avant", a-t-il affirmé, évoquant notamment la fin du tirage au sort et une plus grande transparence.

Il reconnaît néanmoins que le dispositif suscite de la défiance et doit être profondément remanié.

Le président souhaite notamment davantage de clarté sur les critères de sélection et des explications aux candidats concernant les décisions des établissements.

En revanche, Emmanuel Macron a contesté l'idée d'un accès garanti à l'université pour tous.

"Il y aurait un droit universel à l'université. C'est faux et ce n'est pas souhaitable", a-t-il estimé, rappelant que les effectifs de l'enseignement supérieur sont passés d'environ 2,5 à 3 millions d'étudiants depuis 2017, selon ses chiffres.

Des discussions sur une éventuelle coupure des réseaux sociaux

Le président a également été interrogé sur les révélations concernant une possible restriction d'accès aux réseaux sociaux pendant les manifestations.

Selon le média Blast, Matignon aurait demandé aux principaux opérateurs téléphoniques de se préparer à couper l'accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X lors des rassemblements du 24 octobre.

Emmanuel Macron n'a pas directement confirmé cette demande, reconnaissant toutefois que des "discussions" avaient eu lieu à l'initiative du Premier ministre.

Il a par ailleurs regretté le manque de réactivité des plateformes face aux appels au pillage et à la violence le 17 octobre, avant de saluer une meilleure coopération lors des manifestations suivantes.

Le chef de l'État a également admis que l'ampleur de la colère sociale avait été sous-évaluée par les services de renseignement.

Concernant les violences survenues dans les cortèges, il a exprimé sa compassion pour les manifestants comme pour les policiers blessés, en appelant à un retour au calme.

Pouvoir d'achat : Macron renvoie la question du Smic à Sébastien Lecornu

Sur le terrain économique, Emmanuel Macron a été interrogé sur une éventuelle augmentation supplémentaire du Smic.

Sans annoncer de mesure, il a renvoyé cette question au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le président souhaite surtout que les branches professionnelles dont certaines grilles salariales restent inférieures au Smic reprennent leurs négociations.

Selon une étude de la CGT, 122 branches seraient concernées par cette situation.

"Un racisme d'atmosphère" qui inquiète le président

Enfin, Emmanuel Macron est revenu sur l'attentat raciste de Trappes, qui a fait un mort et plusieurs blessés.

Le chef de l'État a dénoncé un climat de "désinhibition" des propos racistes et antisémites dans le pays.

Il a notamment mis en cause certains discours politiques, visant le Rassemblement national et La France insoumise.

Évoquant "un racisme d'atmosphère", le président a appelé à un "sursaut" collectif face à la banalisation de ces discours et des violences.

Des déclarations qui interviennent alors que de nouvelles manifestations sont prévues samedi 31 octobre, malgré les mesures annoncées par le gouvernement pour tenter d'apaiser les tensions.