La France insoumise cristallise une opposition importante dans l'opinion publique. C'est ce qui ressort d'un nouveau baromètre réalisé par l'institut Cluster 17 pour Politico, auprès de 3 000 personnes interrogées entre le 19 et le 22 octobre.
À la question du camp politique qu'ils souhaitent prioritairement empêcher d'accéder au pouvoir en 2027, 43 % des répondants désignent un camp dominé par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Le Rassemblement national de Marine Le Pen arrive en deuxième position, cité par 30 % des personnes interrogées.
De son côté, le camp central, associé au macronisme, est désigné par 14 % des participants.
Ces résultats ne mesurent pas directement les intentions de vote, mais les oppositions prioritaires exprimées par les répondants.
Une forte opposition à LFI chez les électeurs de droite
L'analyse des résultats selon les préférences électorales passées révèle des différences importantes.
Parmi les personnes ayant voté pour Les Républicains aux élections européennes de 2024, 79 % souhaitent prioritairement empêcher l'arrivée au pouvoir d'un camp dominé par LFI.
Cette proportion atteint 74 % chez les anciens électeurs du Rassemblement national.
Mais cette opposition dépasse les seuls électorats de droite : 56 % des personnes ayant voté Renaissance aux européennes partagent également cette priorité.
Le Rassemblement national reste la principale cible des électeurs de gauche
À l'inverse, les électeurs des formations de gauche désignent majoritairement le Rassemblement national comme le camp à empêcher d'accéder au pouvoir.
C'est le cas de 81 % des électeurs écologistes, de 79 % des électeurs de La France insoumise et de 67 % des électeurs PS-Place publique lors des européennes de 2024.
Le sondage met ainsi en évidence deux dynamiques d'opposition distinctes, avec un rejet prioritaire de LFI dans une large partie des électorats de droite et du centre, et une volonté de faire barrage au RN chez les électeurs de gauche.
À l'approche de la présidentielle de 2027, ces résultats illustrent la place importante occupée par les logiques de rejet dans les rapports entre les différents blocs politiques, sans permettre de préjuger des résultats du futur scrutin.