Nouvelle passe d'armes entre La France insoumise et BFMTV. Depuis samedi, plusieurs responsables du mouvement de Jean-Luc Mélenchon accusent la chaîne de laisser se diffuser des propos qu'ils jugent racistes, notamment après les violences survenues lors des manifestations du 17 octobre.
Présent dans le cortège parisien samedi 24 octobre, Jean-Luc Mélenchon s'en est directement pris à un journaliste de BFMTV qui souhaitait l'interroger sur les revendications des lycéens.
"Et vous, BFM, commencez à vous calmer sur les remarques racistes de toute sorte, parce que ça commence à bien faire", a lancé le leader insoumis, avant d'ajouter : "Allez faire du racisme à la télé et foutez-nous la paix !"
Louis Boyard cible les interventions d'Éric Zemmour
Le lendemain, le député LFI Louis Boyard a prolongé ces critiques directement sur le plateau de BFMTV.
L'élu du Val-de-Marne a notamment dénoncé les propos tenus par Éric Zemmour sur la chaîne après les manifestations du 17 octobre.
Il a également mis en cause la représentation médiatique des quartiers populaires, estimant que leur déshumanisation pouvait favoriser les violences de militants d'extrême droite.
Ses déclarations interviennent deux jours après l'attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines, qui a fait un mort et cinq blessés.
BFMTV refuse toute "pression" politique
Face à ces attaques, BFMTV a publié un communiqué dimanche soir pour défendre ses journalistes et sa ligne éditoriale.
La chaîne dénonce des "accusations sans fondement" et une "campagne de dénigrement publique", visant notamment sa journaliste Sonia Mabrouk.
Elle affirme ne pas accepter d'être la cible de pressions ou d'être utilisée à des fins de déstabilisation politique.
BFMTV réaffirme également son attachement au pluralisme et à la possibilité pour tous les courants politiques de s'exprimer sur son antenne.
Les relations entre LFI et la chaîne étaient déjà tendues depuis septembre. Le mouvement avait alors décidé de boycotter ses émissions pour protester contre ce qu'il considérait comme une évolution de sa ligne éditoriale vers l'extrême droite.
Le boycott avait ensuite été levé, à l'exception de l'émission 100 % Mabrouk.
Les syndicats de journalistes critiquent aussi leur chaîne
Cette polémique dépasse toutefois le seul affrontement entre BFMTV et La France insoumise.
Dans une prise de position publiée dimanche soir, les syndicats SNJ et CGT de RMC-BFM ont eux-mêmes dénoncé un "racisme décomplexé" qui aurait, selon eux, trouvé sa place sur l'antenne.
Les organisations syndicales estiment que ces discours ont des conséquences sur la société et établissent notamment un lien avec les agressions d'équipes de tournage survenues pendant les manifestations du week-end.
Une prise de position qui intervient alors que la direction de BFMTV défend publiquement son traitement de l'actualité et ses journalistes.