Mort de Cédric Chouviat : trois policiers jugés à Paris, sa famille réclame un procès pour violences volontaires

Mort de Cédric Chouviat : trois policiers jugés à Paris, sa famille réclame un procès pour violences volontaires

Près de sept ans après la mort de Cédric Chouviat lors d'une interpellation à Paris, trois policiers comparaissent ce lundi 26 et mardi 27 octobre devant le tribunal correctionnel. Poursuivis pour homicide involontaire, ils risquent jusqu'à dix ans de prison. Mais la famille du livreur de 42 ans conteste cette qualification et demande que l'affaire soit jugée devant une juridiction criminelle.

Neuf fois en treize secondes. C'est le nombre de fois où Cédric Chouviat a répété "j'étouffe" lors de son interpellation, le 3 janvier 2020, dans le 7e arrondissement de Paris.

Ce matin-là, le livreur à scooter est contrôlé par quatre policiers pour l'utilisation de son téléphone au volant et une plaque d'immatriculation illisible.

L'échange dégénère rapidement. Après une altercation verbale avec les fonctionnaires, le père de famille est interpellé, soumis à une clé d'étranglement puis maintenu au sol, sur le ventre, par trois policiers.

Il perd connaissance et décède deux jours plus tard à l'hôpital.

Les expertises médico-légales ont établi que Cédric Chouviat était mort d'une asphyxie accompagnée d'une fracture du larynx.

Homicide involontaire ou violences volontaires ?

C'est toute la question de ce procès.

Michaël P., Arnaud B. et Ludovic F. comparaissent pour homicide involontaire. Les juges d'instruction ont estimé que les trois policiers avaient adopté un comportement inadapté, négligent et imprudent lors de l'interpellation.

Selon leur analyse, le décès résulte de l'action combinée des trois fonctionnaires, qui ont maintenu le livreur au sol pendant une durée jugée excessive.

Les policiers ont notamment affirmé ne pas avoir entendu les appels à l'aide de Cédric Chouviat.

Mais pour les avocats de la famille, les gestes employés relèvent de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Dès l'ouverture de l'audience, ils demanderont donc au tribunal correctionnel de se déclarer incompétent, afin que le dossier soit renvoyé devant une cour d'assises ou une cour criminelle.

Une requalification qui porterait la peine encourue à quinze ans de réclusion.

Une quatrième policière également mise en cause par la famille

L'enquête s'est largement appuyée sur les vidéos enregistrées par la victime, des témoins et les caméras de surveillance.

Une quatrième fonctionnaire, présente lors de l'interpellation, a été placée sous le statut de témoin assisté.

Une décision contestée par les proches de Cédric Chouviat, qui souhaitent également voir sa responsabilité examinée par la justice.

Les avocats des trois policiers avaient, de leur côté, demandé un non-lieu pendant la procédure. L'un d'eux avait notamment défendu l'idée d'une intervention rendue nécessaire par la résistance du livreur.

Pour la famille de Cédric Chouviat, qui attend ce procès depuis près de sept ans, l'enjeu dépasse désormais la seule condamnation éventuelle des policiers.

Il s'agit aussi d'obtenir une reconnaissance judiciaire de la nature des violences subies par le père de famille.

Reste à savoir si le tribunal correctionnel acceptera de renvoyer l'affaire devant une juridiction criminelle ou s'il examinera les poursuites pour homicide involontaire.