Le gouvernement entend reprendre le contrôle de la situation après les violences du 17 octobre. À l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise, ce lundi, Sébastien Lecornu a annoncé plusieurs mesures sécuritaires et économiques.
"Notre détermination à rétablir l'ordre est totale", a affirmé le Premier ministre, dénonçant un "désordre organisé de manière inédite".
Parmi les principales annonces figure la mise en place de couvre-feux partiels et localisés dans certains centres-villes, à la demande du gouvernement. Plusieurs secteurs de Paris pourraient notamment être concernés.
Le chef du gouvernement justifie cette décision par des situations très différentes selon les territoires, certaines zones urbaines ayant été particulièrement touchées par les pillages et les dégradations.
Chômage partiel et fonds de soutien pour les commerçants
Sébastien Lecornu a également annoncé des mesures d'accompagnement pour les professionnels dont les établissements ont été endommagés.
Le gouvernement prévoit notamment de débloquer dès mardi un dispositif de chômage partiel pris en charge à 100 %, ainsi que de créer un fonds de soutien spécifique pour répondre aux difficultés de trésorerie des commerces.
Des discussions ont par ailleurs été engagées avec les compagnies d'assurance afin d'accélérer les expertises et les indemnisations.
"C'est avant tout ceux qui ont cassé qui doivent payer", a insisté le Premier ministre, promettant "une réponse pénale massive".
Pour identifier les auteurs de violences et de pillages, 200 enquêteurs de la préfecture de police de Paris seront mobilisés afin d'exploiter les images vidéo. Les citoyens pourront également contribuer aux investigations.
Les forces de l'ordre renforcées pour le prochain week-end
De son côté, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé un renforcement des effectifs de police et de gendarmerie pour le week-end prochain, alors qu'un nouvel appel national à manifester a été lancé pour samedi 24 octobre.
Les premières mesures destinées à empêcher les pillages doivent être appliquées dès ce lundi soir.
Le ministre a également précisé que les rencontres européennes de football programmées cette semaine ne seraient pas remises en cause par les couvre-feux.
Sébastien Lecornu a défendu l'action des policiers et gendarmes, malgré les critiques sur la gestion des manifestations. Il a notamment assuré vivre "très très mal les remises en cause des policiers et des gendarmes".
Enfin, le Premier ministre a exprimé son inquiétude concernant les intentions qu'il prête à certains groupes d'ultragauche.
Selon lui, ces mouvements chercheraient à entretenir un climat de désordre jusqu'à l'élection présidentielle, dont il estime que le calendrier et la tenue pourraient être remis en cause.
Des accusations formulées par le chef du gouvernement, alors que l'exécutif prépare un nouveau dispositif de sécurité face à la poursuite annoncée des mobilisations.