L’affaire Lyhanna est à l’origine de cette passe d’armes entre les deux ministres.
Retrouvée morte en juin dans le Gers, la collégienne de 11 ans aurait été victime de Jérôme Barella, mis en examen pour viol et meurtre d’une mineure. Avant ce drame, l’homme avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineures, sans être inquiété, mettant en lumière de possibles défaillances dans le suivi de ces procédures.
Laurent Nuñez compte bien apporter sa version. Jeudi 13 août, le ministre de l’Intérieur a réuni à Beauvau les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales ainsi que le préfet de police. Objectif : préparer une réponse à la note adressée par Gérald Darmanin sur le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Laurent Nuñez affiche d’ailleurs clairement ses désaccords : “Ce travail permettra de rétablir certaines vérités”, écrit-il sur X.
J’ai réuni à Beauvau cet après-midi les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police nationales ainsi que le préfet de police pour un point d’étape sur la note que m’a adressée le garde des Sceaux. Ont été examinées, sans esprit de polémique, les réponses argumentées qui… pic.twitter.com/2wMGH3b7wK
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) August 13, 2026
Dans une note de douze pages révélée par Le Monde, Gérald Darmanin pointe plusieurs défaillances signalées par les parquets généraux : dossiers perdus ou abandonnés, manque d’effectifs et de formation. Des constats vivement contestés par plusieurs syndicats policiers.
Face aux critiques, Laurent Nuñez défend les forces de l’ordre, confrontées selon lui à “un volume d’affaires qui a explosé dans tous les domaines”, alors que “la procédure pénale n’a cessé de se complexifier”. Il rappelle également son “soutien total aux agents chargés de mission de police judiciaire”.
Le ministre met enfin en avant les moyens engagés et annoncés. Après 700 emplois créés pour la filière judiciaire en 2026, autant doivent l’être en 2027, avec une partie des nouveaux enquêteurs destinée aux unités traitant les violences faites aux mineurs. Il souligne également le renforcement de l’Office mineurs (OFMIN), l’existence de 100 maisons de protection des familles en gendarmerie et la poursuite des formations, alors que 22 000 policiers et gendarmes ont déjà été formés à l’audition des mineurs victimes.