Le patron de la gendarmerie nationale a pris la parole avec gravité. Interrogé mardi soir sur TF1 au sujet de l’affaire Lyhanna, le général Hubert Bonneau a reconnu les défaillances révélées par ce dossier, qualifiant le drame d’"échec" pour l’institution.
"C’est un sujet délicat, sensible et je dirai d’entrée que c’est un échec pour la gendarmerie", a déclaré le directeur général, évoquant un sentiment partagé au sein des forces de l’ordre.
"Quand cela se traduit par de la mort ou de la souffrance, oui, c’est un échec", a poursuivi le haut gradé, rappelant que les gendarmes exercent leur mission avec "la volonté de protéger, notamment les plus faibles".
Une plainte ignorée pendant des mois
Cette prise de parole intervient alors que de nombreuses questions entourent le traitement judiciaire du dossier. Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, faisait déjà l’objet d’une plainte pour viols sur mineure avant la disparition de Lyhanna.
Déposée plusieurs mois auparavant, cette procédure n’avait pourtant pas conduit à son audition. Une situation qui nourrit désormais une vive polémique sur d’éventuels dysfonctionnements au sein de la chaîne judiciaire et des services d’enquête.
Le quadragénaire a depuis été mis en examen pour enlèvement et séquestration, puis placé en détention provisoire. Il est considéré, à ce stade de la procédure, comme le principal suspect dans la disparition et la mort de la fillette.
Lyhanna, 11 ans, avait été aperçue pour la dernière fois à la sortie du collège Hubert-Reeves, à Fleurance, montant dans la voiture du suspect, père d’une camarade de classe.
Alors que l’émotion demeure immense dans le Gers et au-delà, les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances précises du décès de la collégienne et établir les responsabilités éventuelles dans le suivi des précédents signalements visant Jérôme Barella.