Accusée de relayer la propagande russe, Xenia Fedorova visée par une procédure d’expulsion de la France

Accusée de relayer la propagande russe, Xenia Fedorova visée par une procédure d’expulsion de la France

L’ancienne directrice de RT France et chroniqueuse sur plusieurs médias du groupe Canal+ a reçu un arrêté d’expulsion. Le ministère de l’Intérieur estime que Xenia Fedorova constitue une menace pour l’ordre public en raison de son rôle présumé dans la diffusion de la propagande russe.

Le ministère de l’Intérieur a engagé une procédure d’expulsion à l’encontre de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France et chroniqueuse régulière sur CNews.

Selon les autorités, l’intéressée s’est vu notifier un arrêté d’expulsion mercredi 29 juillet. Cette décision est motivée par des atteintes présumées "aux intérêts fondamentaux de l’État".

D’après l’arrêté, la présence de Xenia Fedorova en France constituerait une "menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public".

Le document lui reproche d’être un relais des campagnes de désinformation menées par les autorités russes et de reprendre des narratifs destinés à déstabiliser la France.

Le ministère des Affaires étrangères avait déjà accusé la chroniqueuse de reprendre "mot pour mot les narratifs de propagande russe".

Un recours annoncé

L’avocat de Xenia Fedorova a indiqué que sa cliente allait contester cette décision devant la justice.

Si elle quitte volontairement le territoire, elle restera libre de ses mouvements. En revanche, si elle choisit de demeurer en France, son titre de séjour ne sera plus valable. Elle ne pourra plus exercer d’activité professionnelle, sera assignée à résidence et devra se présenter quotidiennement au commissariat.

Dans un communiqué adressé à leurs salariés, Canal+ et Lagardère ont dénoncé une décision qu’ils considèrent comme "une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions".

Le cas de Xenia Fedorova avait déjà alimenté les débats sur les ingérences étrangères.

Ces derniers mois, plusieurs responsables politiques avaient publiquement mis en cause son rôle dans la diffusion de la propagande du Kremlin. En mai, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot l’avait qualifiée de "propagandiste patentée", tandis que la présidente du groupe Renew au Parlement européen, Valérie Hayer, avait saisi l’Arcom après plusieurs de ses interventions médiatiques.

Son titre de séjour avait pourtant été renouvelé en 2024, une décision qui avait suscité des réactions au sein de la classe politique.

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