Quinze prévenus, près d’un mois d’audience et un dossier mêlant enlèvement d’enfant, mouvance complotiste et projets d’actions contre l’État.
Le procès de Rémy Daillet s’ouvre ce mardi 15 septembre à Paris et doit se poursuivre jusqu’au 9 octobre. L’homme de 60 ans est notamment poursuivi pour "préparation d’actes de terrorisme", complicité de soustraction de mineur par ascendant et complicité de séquestration avec libération volontaire avant le septième jour.
Au cœur du dossier figure l’enlèvement de Mia, 8 ans, en avril 2021 dans les Vosges. Deux hommes s’étaient présentés chez sa grand-mère en se faisant passer pour des agents de la Protection judiciaire de la jeunesse avant de repartir avec l’enfant. Mia avait finalement été retrouvée cinq jours plus tard en Suisse avec sa mère.
Rémy Daillet, alors installé en Malaisie, est soupçonné d’avoir organisé à distance la logistique et le financement de l’opération. La mère de l’enfant figure également parmi les prévenus.
De responsable du MoDem à figure complotiste
Avant cette affaire, Rémy Daillet avait connu un passage par la politique. Élu à la tête du MoDem en Haute-Garonne après avoir rejoint le parti en 2007, il en avait été exclu en 2010.
Installé ensuite en Malaisie, il s’était progressivement imposé dans des réseaux complotistes, notamment autour de l’école à domicile, de l’opposition à la vaccination, à la 5G ou encore des placements d’enfants par l’Aide sociale à l’enfance.
Ses vidéos diffusées en ligne avaient attiré plusieurs dizaines de milliers d’abonnés. Il y évoquait notamment le renversement du gouvernement français.
Un projet visant l’Élysée
Les investigations ont également conduit les enquêteurs à s’intéresser à une organisation hiérarchisée constituée autour de Rémy Daillet.
Selon l’accusation, cette structure préparait sous le nom de projet Azur une action destinée à prendre l’Élysée par la force. Des cocktails Molotov, grenades et boucliers artisanaux auraient notamment été envisagés, avec une répartition des rôles entre plusieurs participants.
Rémy Daillet conteste avoir appelé à la violence et présente son projet comme un "renversement pacifique du système". Concernant l’enlèvement de Mia, il avait également défendu "la restitution d’un enfant à sa mère" comme un "acte civique".