La pression continue de monter autour de l’affaire Lyhanna. Ce mardi 9 juin, la mère d’une fillette de 11 ans, qui accuse Jérôme B. de viols répétés remontant à 2024 et 2025, a annoncé vouloir engager une action judiciaire contre l’État, estimant que les autorités ont failli à leur mission de protection.
L’homme de 41 ans, aujourd’hui principal suspect dans la disparition et la mort de Lyhanna, faisait déjà l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour des faits de violences sexuelles sur mineures. Parmi elles, une procédure déposée en août 2025 par la mère d’une enfant née en 2014, dénonçant des agressions sexuelles répétées qui auraient eu lieu durant plusieurs mois au domicile du suspect présumé.
Selon les éléments avancés par la famille, un examen gynécologique aurait corroboré les déclarations de la fillette. Pourtant, neuf mois après le dépôt de plainte, Jérôme B. n’aurait jamais été auditionné par les enquêteurs.
Invitée sur RTL, la mère de l’enfant a indiqué vouloir poursuivre l’État pour « faute lourde », dénonçant une inertie judiciaire qu’elle juge incompréhensible au regard des éléments du dossier.
Son avocat, Me Pierre Debuisson, entend aller plus loin. Le pénaliste a annoncé le dépôt prochain d’une plainte visant les enquêteurs et magistrats chargés du dossier pour "mise en danger de la vie d’autrui" et "non-assistance à personne en danger". Selon lui, de possibles "négligences" et "fautes lourdes" auraient permis à une situation déjà signalée de perdurer.
"Pourquoi attendre neuf mois quand on dispose d’autant d’éléments ?", a interrogé l’avocat sur les ondes.
Une plainte devant la Cour de justice de la République visant Gérald Darmanin doit également être déposée. Me Debuisson reproche au ministre de la Justice sa responsabilité institutionnelle, rappelant aussi son passage place Beauvau. Le garde des Sceaux est accusé par l’avocat de découvrir tardivement des dysfonctionnements judiciaires que ce dernier estime anciens et structurels.
L’affaire Lyhanna, qui a bouleversé le pays après la découverte du corps de la collégienne de 11 ans dans le Gers, continue ainsi de soulever de lourdes interrogations sur le traitement judiciaire des plaintes visant Jérôme B., qui bénéficie à ce stade de la présomption d’innocence concernant les procédures encore en cours.