À sept mois de son départ de l’Élysée, Emmanuel Macron reprend la parole devant les Français. Il ne s’était plus prêté à cet exercice depuis juin 2024, trois jours avant la dissolution de l’Assemblée nationale. Ce soir, les prix à la pompe devraient s’inviter au premier plan.
Mercredi, le gazole atteignait en moyenne 2,40 euros le litre, contre 2,26 euros pour le SP98 et 2,16 euros pour le SP95-E10. Mardi soir, le gouvernement a annoncé l’élargissement de l’aide de 100 euros destinée aux “grands rouleurs” à 5,5 millions de personnes. Mais 70 % des Français jugent ces mesures insuffisantes, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Emmanuel Macron, qui a demandé à l’exécutif de soutenir “les gens qui travaillent”, devrait défendre l’idée que la diplomatie reste le moyen le plus efficace d’agir durablement sur leur quotidien.
La menace russe constituera l’autre grand sujet de l’entretien. Le président entend rappeler les mesures prises face aux attaques dites “hybrides”, après avoir assuré vendredi qu’elles ne resteraient “pas sans réponse”. Il pourrait notamment évoquer les drones explosifs repérés à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Attribuée à Moscou, cette attaque ratée aurait pu faire des victimes si les engins avaient explosé contre des avions ukrainiens. Emmanuel Macron a appelé à renforcer la protection des infrastructures sensibles face aux drones et aux cyberattaques.
Cette intervention prolonge une séquence internationale chargée. Mardi, le chef de l’État a défendu l’ONU contre le retour des “empires” et de la “loi de la jungle”, tout en suscitant la colère du Premier ministre israélien sur Gaza.
À l’Élysée, la semaine dernière, Emmanuel Macron avait exposé aux chefs de parti et à certains candidats à la présidentielle sa lecture des guerres au Proche et au Moyen-Orient et des actions russes en Europe. Plusieurs participants ont dit en être sortis saisis de “vertige”.
L’entourage présidentiel estime que ces crises dureront au-delà de la présidentielle et veut montrer “à quel point la France agit”. Pour Emmanuel Macron, l’enjeu est aussi d’apparaître comme le garant d’un scrutin exposé aux ingérences étrangères, sans désigner de successeur.