À huit mois de la présidentielle, François Bayrou veut forcer les prétendants du centre, de la gauche modérée et de la droite à se départager.
Dans un entretien accordé au Figaro dimanche 9 août, le président du MoDem défend l’organisation d’une primaire ouverte à "tous ceux qui rejettent les extrêmes". Son objectif : désigner un candidat commun fin janvier ou début février 2027.
L’ancien Premier ministre redoute en particulier un second tour opposant deux candidats qu’il classe aux extrêmes de l’échiquier politique, à savoir Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI). À ses yeux, seule une candidature capable de réunir l’ensemble des "démocrates réformistes" pourrait éviter un tel scénario.
Aucun candidat actuellement en lice ne lui semble cependant capable d’occuper naturellement cette place.
Même Édouard Philippe, pourtant bien installé dans la course, n’échappe pas à ses critiques. François Bayrou reconnaît la légitimité de sa candidature mais s’interroge sur sa capacité à incarner le "profond renouvellement" qu’il estime attendu par les Français après 10 ans de macronisme.
Le centriste imagine donc une compétition beaucoup plus large que les traditionnelles primaires partisanes.
Elle pourrait aller du Parti socialiste dans sa composante sociale-démocrate jusqu’aux gaullistes, avec un vote ouvert permettant de trancher entre les différentes personnalités.
Cazeneuve, Barnier, Bertrand, Le Maire…
François Bayrou cite notamment Bernard Cazeneuve, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, François Baroin ou encore Yaël Braun-Pivet parmi les personnalités dont les intentions devraient rapidement être clarifiées.
Pour lui, la rentrée de septembre doit marquer la fin des hésitations : ceux qui envisagent une candidature doivent désormais le dire, avant une phase de confrontation des projets.
Le vainqueur d’une primaire organisée au début du mois de février disposerait ensuite d’environ deux mois pour mener campagne. Un délai que François Bayrou juge suffisant, considérant qu’une présidentielle se décide souvent dans les dernières semaines.
À défaut d’une méthode commune pour départager les prétendants, le patron du MoDem prédit au contraire une désignation dans la confusion, "par effraction, par bousculade".