C’est un changement qui risque de peser sur les stratégies des médias audiovisuels.
L’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, a annoncé que les prises de parole des responsables politiques diffusées entre minuit et 5h59 ne seraient désormais plus prises en compte dans le calcul du pluralisme politique à la radio et à la télévision.
La mesure entrera en vigueur le 1er octobre 2026, quelques mois avant l’ouverture de la campagne présidentielle.
Jusqu’à présent, les chaînes de télévision et les stations de radio pouvaient intégrer dans leurs relevés les interventions de personnalités politiques diffusées durant la nuit. Or, cette tranche horaire correspond à des audiences très faibles, ce qui alimentait régulièrement les critiques sur la réalité de l’exposition accordée aux différents partis.
L’Arcom estime désormais que ces diffusions nocturnes ne peuvent plus être utilisées pour démontrer le respect du pluralisme politique.
Une décision dans un contexte sensible
Cette annonce intervient alors que le régulateur a récemment rappelé plusieurs médias à l’ordre.
Début juin, Radio France avait notamment été mis en demeure pour une sous-représentation du Rassemblement national sur certaines de ses antennes.
Selon l’Arcom, près de 60 % du temps de parole accordé au RN sur France Inter entre janvier et mars avait été diffusé entre minuit et 5h59. Sur Franceinfo, cette proportion dépassait même 70 %.
Le groupe public avait alors évoqué une erreur technique.
Chaque mois, les radios et télévisions transmettent à l’Arcom leurs relevés de temps de parole politique. Le régulateur vérifie ensuite que les différentes formations bénéficient d’une exposition conforme au principe d’équité.
Avec cette nouvelle règle, les médias devront désormais concentrer davantage les interventions politiques sur les créneaux réellement écoutés ou regardés par le public.