La mobilisation contre CNews franchit une nouvelle étape. Une pétition demandant de supprimer la chaîne de l’audiovisuel français a dépassé les 500 000 signatures lundi 2 novembre sur la plateforme de l’Assemblée nationale.
Lancé en juin par un particulier, le texte a connu une forte accélération fin octobre, alors qu’il réunissait auparavant moins de 100 000 soutiens.
Son auteur accuse la chaîne de promouvoir des discours discriminatoires et réclame le retrait de sa convention TNT ainsi que sa fermeture. Ces demandes restent celles du pétitionnaire et ne constituent pas une décision des députés.
Un débat possible, mais pas automatique
Le franchissement des 500 000 signatures ne suffit pas à imposer une discussion dans l’hémicycle.
Selon les règles de l’Assemblée nationale, les signataires doivent également être domiciliés dans au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer. La commission compétente peut décider de classer la pétition ou de l’examiner. Dans ce dernier cas, elle publie un rapport.
Un débat en séance publique peut ensuite être demandé par le président de cette commission ou par un président de groupe politique. La décision revient à la Conférence des présidents.
La plateforme parlementaire prévoit également qu’un député puisse demander un débat dans les huit jours suivant le classement d’une pétition. Là encore, son organisation n’est pas garantie.
CNews dénonce une pétition politique
Sollicitée par l’AFP, la chaîne a répondu sans commenter les accusations portées par le texte. "Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique", a-t-elle déclaré.
CNews conteste régulièrement les critiques visant sa ligne éditoriale et assure défendre la liberté d’expression.
La hausse des signatures intervient dans un contexte de fortes tensions, après l’attentat raciste de Trappes du 23 octobre. Plusieurs responsables de gauche ont mis en cause la place accordée à certains discours sur les antennes, notamment celle de CNews.
À ce stade, la pétition ouvre donc une possibilité de discussion parlementaire. Elle n’entraîne ni fermeture de la chaîne ni retrait automatique de son autorisation de diffusion.