Les canettes de boissons énergisantes pourraient devenir moins accessibles aux adolescents. Dans un rapport examiné ce mercredi 7 octobre à l’Assemblée nationale, les députés Sandrine Runel et Yannick Neuder recommandent d’interdire leur vente aux moins de 16 ans, ainsi que leur commercialisation dans les distributeurs automatiques. À ce stade, il s’agit de recommandations parlementaires, et non d’une interdiction entrée en vigueur.
Red Bull, Monster Energy ou encore Ciao Energy figurent parmi les marques évoquées dans ce débat. Cette dernière, lancée en juin par Léna Situations, Inoxtag et Squeezie, avait suscité des critiques de professionnels de santé préoccupés par la jeunesse du public visé. Le rapport concerne toutefois la catégorie des boissons énergisantes dans son ensemble.
La caféine au cœur des préoccupations
Ces boissons revendiquent des propriétés stimulantes, physiques ou intellectuelles. Leur composition peut notamment associer caféine, taurine et sucre. Elles se distinguent des boissons énergétiques conçues pour répondre à des besoins nutritionnels pendant une activité sportive.
L’Anses identifie les enfants et les adolescents comme une population particulièrement sensible à la caféine. À quantité ingérée égale, leur poids corporel plus faible les expose davantage à ses effets indésirables. L’agence évoque notamment des troubles du sommeil et des effets cardiovasculaires ou psychocomportementaux. Elle recommande d’éviter la caféine et les boissons qui en contiennent chez les jeunes.
Les parlementaires s’inquiètent également des stratégies commerciales destinées à séduire ce public. Le marché français des boissons énergisantes est passé de 180 millions d’euros en 2016 à 780 millions en 2025, selon les chiffres présentés lors de l’examen du rapport.
Une proposition contestée par les fabricants
Le Syndicat des boissons sans alcool s’oppose à cette perspective. Dans un communiqué rapporté par l’AFP, il qualifie l’interdiction envisagée de mesure "arbitraire dénuée de tout fondement" et affirme qu’aucune donnée ne justifie ce seuil de 16 ans. Il met aussi en avant une charte prévoyant l’absence de ciblage publicitaire des moins de 15 ans.
Les rapporteurs comptent désormais porter leurs recommandations par des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 et par une proposition de loi spécifique. Leur adoption reste donc à débattre, et aucune date d’application de l’interdiction n’est annoncée à ce stade.