Uber a adressé des messages de prévention à l’ensemble de ses chauffeurs et livreurs après la diffusion d’appels à des agressions racistes sur les réseaux sociaux. Sollicitée par franceinfo, qui a rapporté l’information samedi 31 octobre, la plateforme s’est dite "profondément choquée".
Les enregistrements audio visent notamment des travailleurs noirs ou d’origine arabe. Certains participants appellent à les attirer dans des endroits isolés pour les agresser en groupe, allant jusqu’à évoquer leur mort.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour provocation à la haine raciale.
Des messages qui inquiètent les livreurs
Le service Vrai ou Faux de franceinfo a pu consulter plusieurs de ces contenus, notamment une conversation diffusée sur X. Les propos mêlent menaces racistes et incitations à la violence contre les coursiers.
Ces appels suscitent une forte inquiétude parmi les travailleurs concernés. Oumaima Aouad, coordinatrice de la Maison des coursiers, souligne auprès de franceinfo que la peur d’une agression à chaque livraison vient s’ajouter à des conditions de travail déjà précaires et difficiles.
Le syndicat Union-Indépendants a également dénoncé ces menaces. Il entend interpeller Uber et Deliveroo, mais aussi X et TikTok, sur la protection des travailleurs et la circulation de ces messages.
Le ministre du Travail demande des mesures de protection
Jean-Pierre Farandou a condamné samedi les menaces visant les livreurs. Le ministre du Travail demande aux plateformes de livraison de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité.
Il appelle également les réseaux sociaux à retirer les contenus illégaux.
L’alerte envoyée par Uber constitue une première réponse de prévention. L’enquête doit désormais permettre d’établir les responsabilités liées aux propos diffusés. Les éléments rapportés concernent des menaces et des appels à la violence, sans établir qu’une agression a été commise à leur suite.