Ce lundi 2 novembre, le tribunal des activités économiques a prononcé le redressement judiciaire de la société exploitant le célèbre grand magasin parisien, rapporte l'AFP.
La procédure concerne également le BHV Parly 2, situé dans les Yvelines. Elle ouvre une période d'observation de six mois, renouvelable une fois, pendant laquelle l'entreprise pourra tenter de redresser sa situation financière.
À l'issue de cette période, un plan de continuation de l'activité pourrait être présenté à la justice.
Plus de 120 millions d'euros de dettes
Cette décision intervient alors que la situation financière de l'enseigne s'est considérablement dégradée. Selon des informations révélées par Libération, sur la base d'un audit du cabinet EY, la société affichait plus de 120 millions d'euros de dettes au 31 août dernier, pour une trésorerie inférieure à 1,5 million d'euros.
Parmi ces dettes figureraient notamment plus de 100 millions d'euros dus aux fournisseurs, dont plus de 40 millions aux Galeries Lafayette, anciens propriétaires et gestionnaires du grand magasin.
Après avoir longtemps contesté être en cessation de paiements, la direction avait finalement reconnu les difficultés de l'entreprise et demandé son placement en redressement judiciaire, afin de "préserver l'activité et l'emploi" et de "sécuriser son plan de relance."
Un dossier aux ramifications lyonnaises
Si le BHV Marais est une institution parisienne vieille de 170 ans, cette affaire possède également un important volet lyonnais. Le siège social de la société exploitante a en effet été transféré à Lyon en février dernier. Un changement de domiciliation qui avait suscité des interrogations sur le choix de la juridiction compétente.
L'entrepreneur lyonnais Frédéric Merlin, ancien dirigeant de la Société des grands magasins (SGM), reste également lié au dossier. En juin dernier, sa société avait cédé à perte le BHV Marais à plusieurs dirigeants, dont Karl-Stéphane Cottendin, son ancien bras droit, désormais à la tête de l'entreprise.
Les difficultés du grand magasin avaient notamment été attribuées par la direction à un différend financier avec le fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs. Ce dernier conteste fermement cette version.