La priorité affichée par Emmanuel Macron est de tenter de faire reculer les prix du pétrole à la source.
"Aujourd’hui, nous voulons d’abord agir diplomatiquement", a expliqué le président de la République ce jeudi soir sur TF1 et France 2, qui mise sur une baisse des tensions dans le golfe Persique pour entraîner rapidement un reflux des prix des carburants. Il assure également que la France devrait atteindre "80% de stocks pleins dans quelques semaines".
Une baisse générale de la fiscalité n’est donc pas privilégiée à ce stade. Emmanuel Macron estime qu’une diminution de 20 centimes des taxes pendant un mois représenterait un milliard d’euros de recettes en moins et juge préférable de cibler les aides vers les ménages qui en ont le plus besoin. Il n’a cependant pas fermé la porte à une baisse des taxes si les prix continuaient de s’envoler.
Des moyens militaires français en Arabie saoudite
Cette stratégie énergétique s’accompagne d’un volet militaire.
Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de soldats, de radars et de systèmes de défense pour protéger le site énergétique de Yanbu, en Arabie saoudite. Le chef de l’État insiste sur une mission de protection et non sur une participation directe au conflit. Il prévoit également de réunir les pays du G7 afin de travailler à la libération de stocks de pétrole.
Le président français s’est par ailleurs opposé à l’hypothèse d’une interdiction américaine des exportations de gazole, qu’il juge préjudiciable aussi bien au reste du monde qu’à l’économie des États-Unis.
Macron juge possible une attaque russe contre la France
Autre sujet majeur de l’entretien : la Russie.
Emmanuel Macron a estimé qu’une attaque russe sur le territoire français était possible, évoquant les actes hostiles et les cyberattaques attribués à Moscou en Europe. Il a en revanche démenti les informations faisant état d’une alerte de la CIA concernant une attaque imminente de drones russes dans le sud de la France.
Le chef de l’État juge également "crédible" le scénario d’une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes pour poursuivre la guerre en Ukraine.
Sur le terrain intérieur, Emmanuel Macron a défendu le "quoi qu’il en coûte" mis en place pendant la crise sanitaire, tout en reconnaissant ne pas avoir suffisamment réformé certains pans du modèle social. Il a également exclu une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale avant l’élection présidentielle, y compris en cas de blocage budgétaire.
Enfin, interrogé sur les appels à relancer un mouvement social autour de la hausse des prix des carburants, le président a reconnu l’existence d’une colère dans le pays mais appelé à "rester unis" face aux crises internationales.