Édouard Philippe peut-il tourner la page de ses ennuis judiciaires ? L'ancien Premier ministre a passé une grande partie de la journée de jeudi devant deux magistrats chargés d'une enquête visant la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
Au terme de cette audition, le président du parti Horizons n'a pas été mis en examen. Il bénéficie du statut de témoin assisté, qui lui permet d'être entendu dans le cadre d'une information judiciaire sans être formellement mis en cause par une mise en examen.
Une décision accueillie avec satisfaction par son avocat, Emmanuel Marsigny. "Edouard Philippe se félicite de cette décision favorable qui confirme qu'il n'y a rien à lui reprocher dans cette affaire", a déclaré le conseil à l'AFP.
Une enquête ouverte après la plainte d'une ancienne responsable
La procédure trouve son origine dans une plainte déposée en 2023 auprès du Parquet national financier.
Cornelia Findeisen, ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine, dénonçait alors des pratiques qu'elle estimait illégales au sein de la collectivité.
Ses accusations visaient notamment Édouard Philippe, maire du Havre.
Une enquête avait été ouverte et des perquisitions réalisées en avril 2024.
Après une nouvelle plainte avec constitution de partie civile en 2025, une information judiciaire a été ouverte en mai 2026, portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme et de harcèlement moral.
Édouard Philippe maintient son innocence
Depuis le début de l'affaire, l'ancien chef du gouvernement conteste les accusations.
"Je n'ai pas enfreint la loi et je suis innocent", avait-il réaffirmé au mois de mai.
Il avait également assuré qu'aucune décision de justice non définitive ne l'empêcherait de se présenter à l'élection présidentielle.
La décision de jeudi constitue une évolution favorable pour sa défense, mais le statut de témoin assisté ne signifie pas que l'enquête est terminée. Il peut notamment évoluer si de nouveaux éléments apparaissent.
De son côté, l'avocat de la plaignante, Jérôme Karsenti, se félicite que l'instruction continue.
Il souhaite désormais prendre connaissance de l'audition d'Édouard Philippe pour comprendre les motivations des magistrats, estimant que les faits dénoncés par sa cliente demeurent graves.