C'est un chiffre qui rappelle l'ampleur de la précarité en France. En 2025, 927 personnes sans domicile fixe ont perdu la vie, selon le recensement réalisé par le collectif Les Morts de la rue.
Les victimes avaient en moyenne 49 ans et étaient très majoritairement des hommes, à hauteur de 83%.
Dans le détail, 306 personnes vivaient directement dans la rue, tandis que 264 bénéficiaient d'un hébergement. Pour les 357 autres, les conditions de logement au moment du décès n'ont pas pu être déterminées.
Vingt enfants parmi les victimes
Le rapport met également en lumière la situation des plus jeunes.
Vingt enfants âgés de moins de 15 ans figurent parmi les personnes décédées en 2025.
Le collectif a par ailleurs recensé 148 morts violentes au cours de l'année.
À ces 927 décès s'ajoutent 108 personnes mortes après avoir connu une période de vie à la rue, ainsi que six personnes qui s'étaient récemment retrouvées sans logement.
Pour l'association, le décompte reste incomplet puisqu'il repose uniquement sur les décès officiellement authentifiés.
"La réalité, hélas, est nécessairement pire", prévient-elle.
Un nombre de décès multiplié par 2,2 depuis 2012
Si le bilan de 2025 reste proche de celui de 2024, lorsque 938 décès avaient été recensés, la tendance sur le long terme inquiète le collectif.
Le nombre de morts répertoriées a été multiplié par 2,2 depuis 2012, année à partir de laquelle l'association a commencé son recensement.
"Ces chiffres ne sont pas des accidents statistiques. Ce sont les pages d'un réquisitoire que notre pays rédige, année après année, contre lui-même", dénoncent les auteurs du rapport.
Pour Les Morts de la rue, ces décès révèlent une crise sociale profonde et persistante.
L'association estime que ces disparitions prématurées ne constituent pas une fatalité, mais qu'elles sont aussi la conséquence de choix politiques et sociétaux.
Elle appelle ainsi à prendre la mesure d'une réalité dont les chiffres officiels ne représenteraient qu'une partie.