Les mineurs représentent l’essentiel du bilan judiciaire de la mobilisation lycéenne. Sur les 7 950 gardes à vue comptabilisées mardi à 17 heures, 6 773 les concernent, contre 1 177 pour les majeurs. Selon les chiffres de la Chancellerie relayés par franceinfo, 2 735 ont débouché sur des poursuites : 2 190 pour des mineurs et 545 pour des adultes. Le ministère recense également 1 263 classements sans suite et 26 placements en détention provisoire, dont neuf concernant des mineurs.
Sur le terrain, les perturbations reculent légèrement dans le supérieur : 32 % des établissements étaient touchés mercredi matin, contre 35 % mardi, journée de mobilisation nationale, selon le ministère cité par France Inter. L’université Lyon 2 reste toutefois fermée toute la semaine pour des raisons de sécurité.
Les revendications, elles, se précisent. Parmi les 100 000 contributions déposées sur la plateforme Agora, 79,9 % évoquent l’organisation du temps scolaire et les emplois du temps, 51,5 % l’état des bâtiments et 28,4 % le remplacement des enseignants, a indiqué Sébastien Lecornu au Sénat. Sur les 3 000 professeurs remplaçants promis, 2 000 ont déjà été déployés, selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
La contestation se prolonge aussi sur le terrain judiciaire. L’avocat d’Evan, 15 ans, dont la main a été arrachée lors d’un blocage à Lens le 5 octobre, a annoncé une plainte avec constitution de partie civile pour “violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente”. Le syndicat de police Alliance prévoit, de son côté, de porter plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui, dénonçant des consignes contradictoires et l’exposition des policiers aux violences.
Alors qu’Emmanuel Macron déplore une exploitation politique des inquiétudes des jeunes, les représentants de l’organisation “Les Lycéens !” doivent rencontrer jeudi après-midi les ministres Édouard Geffray et Philippe Baptiste.
Après les bilans chiffrés, ils attendent désormais des réponses concrètes.