Des professeurs absents, des équipes d’assistants d’éducation incomplètes, parfois ni infirmière ni assistante sociale : c’est sur ces manques que l’Union syndicale lycéenne (USL) fonde son appel à bloquer les établissements ce mardi, jour de mobilisation dans la fonction publique. Son président, Ryad Rani, a détaillé ces revendications à l’AFP devant le lycée Montebello de Lille, où les cours ont été suspendus.
Né la semaine dernière en Île-de-France autour des moyens, des remplacements et des conditions d’étude, le mouvement a changé d’échelle. Après une soixantaine de lycées perturbés jeudi et vendredi dans la région parisienne, il a touché 180 établissements lundi, y compris hors d’Île-de-France. Le ministre de l’Intérieur a évoqué des “violences urbaines” et 164 interpellations.
Mardi matin, le rectorat de Paris recensait des tentatives de blocage dans moins de dix des 90 lycées de la capitale, sans blessé ni incident majeur signalé. La région Île-de-France dressait un bilan plus large : 75 établissements perturbés, dont 20 marqués par des violences ou des dégradations. Elle chiffre les dégâts à environ 200 000 euros et fait état d’une vingtaine de blessés depuis le début du mouvement, parmi les élèves et les personnels.
La mobilisation vire aussi au bras de fer politique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu accuse des élus LFI d’encourager son extension, tandis que Valérie Pécresse dénonce, sur BFM-TV/RMC, une “instrumentalisation politique”. Jean-Luc Mélenchon reproche au gouvernement sa réponse policière et appelle les élus insoumis à s’interposer. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, demande pour sa part que les revendications des lycéens soient entendues et dit craindre un accident si les tensions montent encore.