Raphaël Glucksmann accélère son entrée dans la bataille présidentielle. Réuni ce samedi aux Docks d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, devant plusieurs milliers de personnes, le dirigeant de Place publique a livré un long discours programmatique, affirmant vouloir "défier les pronostics" pour permettre à la gauche de revenir au pouvoir.
Sans encore se déclarer officiellement candidat à l’Élysée, l’eurodéputé a présenté ce qu’il décrit comme les fondations de "sa gauche", une gauche tournée vers le renforcement des services publics, la réduction des inégalités, la transition écologique et une plus grande souveraineté française.
Raphaël Glucksmann a insisté sur les enjeux géopolitiques et industriels qui, selon lui, structureront le scrutin de 2027. Il estime que le futur chef de l’État devra préparer la France à une éventuelle menace militaire en Europe tout en réduisant les dépendances du pays dans les domaines énergétique, technologique et industriel.
Face à environ 4 000 participants selon son entourage, l’élu européen a également cherché à se positionner entre le Rassemblement national et La France insoumise, qu’il considère tous deux comme des impasses politiques.
Raphaël Glucksmann a écarté l’idée d’un retour au pouvoir des anciens proches d’Emmanuel Macron, ciblant notamment Gabriel Attal et Édouard Philippe, accusés d’avoir participé au bilan du président sortant avant de vouloir s’en détacher.
Dans le même temps, il a réaffirmé sa distance avec Jean-Luc Mélenchon, défendant une gauche "qui rassemble au lieu de brutaliser" et qui se veut capable d’empêcher une victoire de Jordan Bardella ou Marine Le Pen en 2027.
Les géants de la tech dans le viseur
Au-delà de ses adversaires politiques, Raphaël Glucksmann a aussi désigné un autre front : celui des grandes entreprises technologiques mondiales. Citant notamment Elon Musk, Sam Altman ou encore Zhang Yiming, fondateur de TikTok, il a dénoncé l’influence croissante des plateformes numériques sur les sociétés démocratiques.
Selon lui, ces groupes exploitent les données personnelles et influencent les comportements, au point de menacer la souveraineté politique et culturelle des États.
Si la candidature n’est pas encore officiellement annoncée, ce meeting marque une nouvelle étape dans la stratégie présidentielle de Raphaël Glucksmann, qui affiche désormais ouvertement son ambition de peser dans la recomposition de la gauche avant 2027.