La gauche compte un prétendant supplémentaire à l’élection présidentielle de 2027. Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen-sur-Seine depuis 2020, a officialisé ce mardi sa candidature à la magistrature suprême.
Invité de France Inter, l’élu de Seine-Saint-Denis a affiché ses ambitions sans détour : "Je suis candidat pour être le prochain président de la République", a-t-il déclaré, estimant pouvoir porter une offre politique capable de rassembler au-delà des fractures actuelles de la gauche.
À 52 ans, celui qui cultive une image de social-démocrate revendique une ligne politique éloignée de celle portée par La France insoumise. "Je suis la candidature qui fédère, ancrée dans le réel", a-t-il affirmé, refusant ce qu’il considère comme une polarisation du débat politique.
Karim Bouamrane s’est particulièrement démarqué de Jean-Luc Mélenchon et du Rassemblement national, qu’il place sur un même plan de rupture. "Je les renvoie dos à dos", a-t-il lancé, refusant la perspective d’un duel entre les deux formations au second tour de la présidentielle.
Le maire de Saint-Ouen a également insisté sur son parcours personnel pour défendre une autre lecture des questions d’identité et de sécurité. "Je refuse cette résignation qui voudrait que lorsqu’on est musulman ou issu de l’immigration, on soit automatiquement associé à l’insécurité ou à l’islamisme", a-t-il expliqué.
Cette déclaration de candidature risque de compliquer davantage les équilibres à gauche, où plusieurs personnalités réfléchissent déjà à 2027.
Longtemps évoqué pour Matignon après les législatives anticipées de 2024, Karim Bouamrane a progressivement construit sa propre structure politique, baptisée La France humaine et forte. Ces derniers mois, il s’était aussi illustré par des prises de position en rupture avec les Insoumis, notamment dans la controverse autour de l’enseigne de restauration rapide Master Poulet, qu’il contestait au nom de la lutte contre la malbouffe.