Vinted veut empêcher la revente du butin des pillages du week-end

Vinted veut empêcher la revente du butin des pillages du week-end
Vinted veut empêcher la revente du butin des pillages du week-end - DR

La plateforme annonce des suppressions d’annonces et une coopération avec les autorités françaises. Les comptes concernés risquent jusqu’au bannissement définitif.

Vinted affirme avoir renforcé ses contrôles pour empêcher la revente de marchandises dérobées lors des pillages du week-end des 17 et 18 octobre. L’entreprise assure également collaborer avec les forces de l’ordre françaises.

"Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes", indique la plateforme auprès de BFMTV.

Des comptes peuvent être bannis définitivement

L’entreprise, qui a également répondu à l’AFP, annonce une politique de "tolérance zéro". Les mesures prises contre les utilisateurs enfreignant ses règles peuvent aller jusqu’au bannissement définitif.

Ses règles du catalogue interdisent déjà explicitement les articles volés. Le renforcement annoncé porte donc sur leur détection et l’application de cette interdiction après les saccages.

Vinted ne communique toutefois pas de nombre d’annonces supprimées ni de comptes sanctionnés. L’ampleur des tentatives de revente liées aux événements du week-end reste ainsi inconnue. Une annonce suspecte ne constitue pas, à elle seule, la preuve que l’objet proposé provient d’un pillage.

Les plateformes sollicitées pour identifier les revendeurs

Le sujet a aussi été soulevé dans le débat politique. Jordan Bardella et Gabriel Attal ont demandé ce lundi une coopération des plateformes de revente pour identifier les personnes susceptibles d’écouler des marchandises volées.

Sébastien Lecornu a indiqué que la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, travaillait à apporter des réponses dans ce domaine.

Pour les enquêteurs, la question dépasse le retrait des annonces. Il s’agit aussi d’établir l’origine des objets et d’identifier les personnes impliquées dans leur circulation.

Acheter sciemment un objet volé constitue un recel

Le risque concerne également les acheteurs qui connaissent l’origine frauduleuse d’un bien. Le recel consiste notamment à détenir, transmettre ou tirer profit d’un objet que l’on sait volé. Il est puni, dans sa forme simple, de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.

Un achat d’occasion effectué de bonne foi ne constitue pas automatiquement un recel. La connaissance de l’origine du bien est un élément essentiel, apprécié au cours de l’enquête ou du procès.

Un prix très bas ne prouve donc pas un vol. En cas de doute, mieux vaut demander des justificatifs de provenance et conserver l’annonce ainsi que les échanges. Un commerçant qui reconnaît un objet dérobé peut transmettre ces éléments aux enquêteurs et signaler l’annonce à la plateforme.