Laurent Nuñez reconnaît des défaillances dans la gestion des manifestations du 17 octobre. Invité de France Inter ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur a admis que les moyens de sécurité mobilisés n'avaient pas été suffisants face à l'ampleur des événements.
"Il y a eu un manque d'anticipation sur les forces disponibles", a-t-il déclaré, expliquant que "la participation était manifestement plus importante que prévu".
Le ministre a également évoqué la présence de nombreux individus violents au sein des rassemblements, mettant notamment en cause la mouvance d'ultragauche.
Interrogé sur les débordements constatés dans plusieurs grandes villes, Laurent Nuñez a reconnu que les policiers avaient parfois été dépassés.
"Oui, il y a eu une perte de contrôle", a-t-il concédé.
Emmanuel Macron exige des explications sur les défaillances
Face à ces événements, Laurent Nuñez avait décidé de remettre sa démission au président de la République.
"J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe", a-t-il expliqué sur France Inter.
Mais Emmanuel Macron a choisi de maintenir son ministre en fonction.
Selon l'Élysée, cette décision a été prise "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel".
Le chef de l'État a toutefois demandé au ministre de faire toute la transparence sur les défaillances d'anticipation et de renseignement ayant précédé les violences.
Emmanuel Macron souhaite également que les forces de police mettent en œuvre de "nouveaux modes d'action" face aux casseurs.
De nouveaux pillages dimanche à Paris
La situation est restée tendue dans la capitale au lendemain des manifestations.
Dimanche, de nouveaux affrontements ont éclaté dans plusieurs secteurs de Paris, notamment autour du centre commercial des Halles.
Les forces de l'ordre ont procédé à des charges et utilisé des gaz lacrymogènes ainsi que des grenades assourdissantes pour disperser certains groupes.
Au total, 108 interpellations ont été recensées à Paris, dont 66 dimanche soir.
Ces nouveaux incidents interviennent alors que le gouvernement doit désormais apporter des réponses sur les moyens engagés pour prévenir et contenir les violences du week-end.