Le taux de chômage pourrait atteindre 8,8 % de la population active à la fin de 2027. Dans ses perspectives dévoilées mercredi, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) anticipe environ 300 000 chômeurs supplémentaires entre fin 2025 et fin 2027.
Ce scénario prolongerait une dégradation déjà mesurée. Au deuxième trimestre 2026, le chômage s’établissait à 8,3 %, d’après l’Insee, soit 0,7 point de plus qu’un an auparavant. Le niveau prévu pour fin 2027 reste toutefois une projection, dépendante de l’évolution de l’économie.
L’emploi salarié sous pression
Les économistes anticipent environ 200 000 destructions nettes d’emplois salariés dans le secteur marchand entre fin 2025 et fin 2027. Ce chiffre correspond au solde entre les créations et les suppressions de postes sur l’ensemble de la période, pas à un nombre de licenciements annoncé.
L’OFCE identifie plusieurs facteurs. Une activité peu dynamique limiterait les besoins de recrutement, tandis que les gains de productivité permettraient aux entreprises de produire avec moins de main-d’œuvre. Les défaillances d’entreprises et la réduction des dispositifs de soutien à l’emploi, notamment l’alternance, pèseraient également sur les effectifs.
L’emploi indépendant continuerait, lui, de progresser. Cette hausse compenserait une grande partie du recul des postes salariés, maintenant l’emploi total proche de la stabilité. Mais elle ne suffirait pas à absorber l’augmentation du nombre de personnes présentes sur le marché du travail.
Une prévision liée à la croissance et au budget
Cette trajectoire s’inscrit dans un scénario de faible croissance. L’OFCE prévoit une hausse du produit intérieur brut de 0,4 % en 2026, puis de 0,5 % en 2027, contre respectivement 1,1 % et 1,2 % pour la zone euro.
Les économistes prennent notamment en compte les tensions sur l’énergie, les efforts budgétaires et l’incertitude économique. Leur scénario suppose que les taux d’emprunt à long terme de l’État français restent à 4,5 % et que l’incertitude politique nationale ne s’aggrave pas.
Les prévisions pourront donc évoluer dans les deux sens. Les choix définitifs du budget 2027, les prix de l’énergie et les taux de la dette française figurent parmi les principaux facteurs susceptibles de modifier cette trajectoire.