Le chômage repart à la hausse en France.
Selon les données de l’Insee publiées ce vendredi 7 août, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit 0,2 point de plus en trois mois.
Depuis la mise en œuvre de la loi plein emploi, il y a dix-huit mois, l’augmentation atteint près d’un point.
Dans un communiqué, le ministère du Travail estime toutefois qu’environ la moitié de cette remontée s’explique par un effet statistique lié à la réforme.
La loi plein emploi a renforcé l’accompagnement de personnes auparavant souvent considérées comme inactives, notamment certains bénéficiaires du RSA et des jeunes suivis par les missions locales.
Dès lors qu’elles recherchent activement un travail et sont disponibles pour occuper un poste, elles peuvent être comptabilisées comme chômeuses au sens du BIT.
Selon les estimations avancées par le ministère, ce mécanisme aurait ajouté 0,44 point au taux de chômage depuis l’entrée en vigueur de la réforme. Sans cet effet, celui-ci serait inférieur à 8 %. Cette lecture est celle défendue par le gouvernement pour expliquer une partie de la dégradation observée.
Des niveaux records d’emploi et d’activité
L’exécutif met parallèlement en avant plusieurs indicateurs jugés plus favorables.
Le taux d’emploi atteint 69 % et le taux d’activité 75,4 %, deux niveaux présentés comme historiquement élevés. Le ministère rappelle également que plus de deux millions d’emplois ont été créés depuis 2017.
La hausse du chômage intervient néanmoins dans un contexte de croissance limitée et d’incertitudes économiques internationales, qui pèsent également sur les embauches.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou affirme vouloir concentrer l’action du gouvernement sur trois axes : l’insertion professionnelle des jeunes, le maintien dans l’emploi des travailleurs expérimentés et l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises. "Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste", estime-t-il.
Le gouvernement prévoit notamment le lancement à la rentrée d’un plan consacré à la seconde partie de carrière et entend poursuivre ses efforts de formation dans plusieurs secteurs jugés stratégiques, parmi lesquels le nucléaire, la transition écologique et l’industrie de défense.