Cyberattaques : l’État débloque 200 millions d’euros pour renforcer la protection des données des Français

Cyberattaques : l’État débloque 200 millions d’euros pour renforcer la protection des données des Français
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Face à la multiplication des attaques informatiques visant les administrations, le gouvernement accélère la sécurisation des systèmes de l’État. Les usagers concernés par le récent incident touchant la DGFiP doivent notamment être contactés à partir de lundi 17 août.

Le gouvernement veut muscler la protection des données détenues par les administrations françaises. Dans un communiqué publié ce samedi 15 août, Matignon détaille plusieurs mesures engagées depuis le printemps pour renforcer la cybersécurité de l’État, alors que les attaques informatiques se multiplient et gagnent en sophistication.

Cette communication intervient notamment après un incident récemment révélé concernant la Direction générale des Finances publiques et le piratage de données personnelles de centaines de milliers de particuliers et d'entreprises. La DGFiP a déposé plainte et une enquête judiciaire est en cours. Les usagers concernés doivent être individuellement informés à compter de lundi 17 août des données susceptibles d’avoir été exposées et des précautions à adopter.

200 millions d’euros supplémentaires pour la cybersécurité

Le plan gouvernemental lancé le 30 avril prévoit notamment 200 millions d’euros supplémentaires pour renforcer la sécurité numérique de l’État.

Ces fonds doivent financer le développement de capacités interministérielles d’intelligence artificielle dédiées à la cybersécurité, une offre de sécurisation accessible à l’ensemble des ministères ainsi que plusieurs actions de la stratégie nationale de cybersécurité établie début 2026.

À compter de 2027, 5 % des budgets numériques de chaque ministère devront par ailleurs être consacrés à la cybersécurité. Le gouvernement prévoit également que les amendes prononcées par la CNIL, actuellement versées au budget général de l’État, contribuent au financement de cet effort à partir de l’année prochaine.

Une nouvelle autorité numérique avant 2027

Matignon confirme également la création d’ARIANE, une nouvelle autorité numérique de l’État directement rattachée au Premier ministre.

Issue d’une réforme conjointe de la DINUM et de la DITP, elle devra notamment travailler avec l’ANSSI pour standardiser et sécuriser les infrastructures numériques des ministères. Le gouvernement estime que leur hétérogénéité actuelle augmente la surface d’attaque offerte aux pirates informatiques.

L’ingénieur général de l’armement Walter Arnaud a été choisi pour diriger cette future structure, dont la création administrative est prévue avant le 1er janvier 2027.

Des tests d’attaque menés par les services de l’État

Un plan d’urgence composé de 40 actions prioritaires réparties dans dix domaines a également été imposé à l’ensemble des ministères. Son application doit être suivie tous les trois mois par le cabinet du Premier ministre.

Parmi les dispositifs envisagés figurent des exercices d’"auto-attaque", destinés à permettre aux services de sécurité de tester eux-mêmes leurs vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées, ainsi qu’un recours accru à l’intelligence artificielle pour détecter les failles.

Matignon rappelle parallèlement plusieurs procédures judiciaires engagées ces derniers mois après des compromissions informatiques. Une intrusion visant France Titres a notamment conduit à une interpellation le 25 avril puis à une mise en examen quatre jours plus tard. D’autres suspects ont été arrêtés dans des affaires touchant notamment le ministère de l’Éducation nationale ou la Fédération française de tir.

Un audit spécifique demandé à la DGFiP

Après l’incident concernant les Finances publiques, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Action et des Comptes publics de lancer un audit sur la sécurité des systèmes informatiques de la DGFiP, en particulier ceux qui sont en interface avec les contribuables.

Les mesures opérationnelles issues de cet audit doivent être présentées au ministre en septembre.

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