Acheter une boîte de 30 comprimés pour un traitement qui n'en nécessite que 18 pourrait devenir moins fréquent. C'est l'objectif d'un amendement adopté en commission à l'Assemblée nationale, qui prévoit d'étendre la délivrance de médicaments à l'unité dans les pharmacies françaises.
Cette pratique existe déjà pour certaines spécialités, notamment des antibiotiques. Mais plusieurs députés souhaitent désormais l'élargir à davantage de traitements, afin de limiter les quantités inutilisées et les dépenses de l'Assurance maladie.
"Lorsqu'un traitement nécessite dix-huit comprimés, l'Assurance maladie n'a pas vocation à financer vingt ou trente comprimés au seul motif que le laboratoire a choisi cette taille de boîte", défend le député Renaissance Guillaume Kasbarian.
Si la mesure est définitivement adoptée, les pharmaciens devront délivrer le nombre exact d'unités correspondant aux prescriptions, pour les médicaments concernés. Leur liste sera établie par décret.
Une mesure soutenue de LFI au RN, mais des difficultés soulevées
L'amendement a reçu le soutien de parlementaires de plusieurs formations politiques, dont Agnès Pannier-Runacher (Renaissance), Damien Maudet (La France insoumise) et Christophe Bentz (Rassemblement national).
Mais son application suscite des réserves. Le rapporteur général LR Thibault Bazin s'est notamment opposé au texte, pointant les contraintes techniques et économiques pour les pharmacies.
Selon lui, une généralisation de la délivrance à l'unité nécessiterait notamment de modifier les logiciels, les emballages, l'étiquetage des médicaments et les modalités de rémunération des officines.
Le député estime également qu'une négociation préalable avec les professionnels serait nécessaire.
L'adoption de cet amendement en commission ne signifie toutefois pas son entrée en vigueur. Lors de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale dans l'hémicycle, à partir de mardi, les députés repartiront du texte initial présenté par le gouvernement.
La disposition devra donc être de nouveau défendue et adoptée pour espérer intégrer la version définitive du budget.
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