Dette publique, faut-il vendre les participations de l’État ?

Dette publique, faut-il vendre les participations de l’État ?

La Cour des comptes propose de revoir certaines participations de la Caisse des dépôts. Des ventes pourraient apporter des recettes à l’État, mais priveraient aussi le groupe de revenus futurs.

Vendre des actions pour soulager les finances publiques. Dans un rapport publié lundi 5 octobre, la Cour des comptes recommande un examen approfondi des participations de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le groupe public chargé notamment de financer les entreprises et les collectivités.

Selon les conclusions rapportées par Le Journal du Net, l’objectif serait de céder les participations qui ne correspondent plus aux priorités de l’État actionnaire. Une partie des recettes pourrait ensuite être reversée à l’État sous forme de versements exceptionnels.

Quelles participations seraient concernées ?

La Cour souhaite recentrer le portefeuille sur les investissements répondant à des objectifs de résilience et de cohésion sociale et territoriale.

Le périmètre à examiner, hors actifs historiques ou détenus conjointement avec l’État, était évalué à 31,6 milliards d’euros au 30 juin 2025, selon La Tribune. Le rapport ne désigne toutefois aucune entreprise à vendre et ne fixe pas d’objectif de recettes.

Ce montant se distingue des 210 milliards d’euros de participations publiques dans 87 entreprises évoqués mardi par TF1 Info. La recommandation porte spécifiquement sur le portefeuille de la CDC, sans constituer un programme général de privatisations.

Une rentrée d’argent ponctuelle

Une vente pourrait fournir des moyens pour réduire l’endettement. Son intérêt dépendrait cependant du prix obtenu et de l’usage des recettes.

L’opération aurait également une limite simple. Une participation ne peut être vendue qu’une fois, tandis que les dépenses publiques reviennent chaque année. Céder des actifs ne règle donc pas, à lui seul, le déséquilibre durable entre dépenses et recettes.

Des revenus futurs à préserver

Les participations constituent aussi une source importante de revenus pour la Caisse des dépôts. Entre 2015 et 2025, ses filiales et participations ont contribué à hauteur de 22,3 milliards d’euros à son bénéfice net cumulé, soit 64 % du résultat du groupe.

L’arbitrage consiste donc à comparer le produit immédiat d’une vente aux revenus et à l’utilité stratégique de l’investissement conservé. La proposition de la Cour des comptes ouvre ce débat, sans annoncer de cession décidée.