Céline Dion a fait son grand retour sur scène en France le 12 septembre dernier. La chanteuse québécoise a programmé seize concerts à la Plenitude Arena de Nanterre entre septembre et octobre, attirant une demande considérable autour de ses billets. Ce vendredi 25 septembre, elle doit ainsi retrouver son public pour une nouvelle date de sa résidence parisienne.
Mais derrière l’événement musical se cachent également des sommes impressionnantes. Au total, ces seize représentations devraient générer environ 130 millions d’euros de recettes de billetterie, selon les chiffres évoqués au Sénat. La taxe prélevée sur ces ventes représenterait environ 4,5 millions d’euros.
Une taxe qui fait grincer des dents
Cette taxe sur les spectacles est normalement destinée au Centre national de la musique (CNM), qui l’utilise notamment pour accompagner les producteurs, les festivals ou encore l’émergence de nouveaux artistes.
Le problème vient de son plafonnement. Pour 2026, le montant des recettes fiscales que peut conserver le CNM est limité à 58 millions d’euros. Or, l’établissement prévoit de percevoir plus de 75 millions d’euros de taxes cette année. La somme récoltée au-delà du plafond doit donc revenir au budget général de l’État.
Une situation que dénonce une partie de la filière musicale. "On devrait se réjouir d’une telle appétence pour les concerts, de voir Céline Dion venir jouer en France", explique Aurélie Hannedouche, directrice du Syndicat des musiques actuelles.
Selon les professionnels du secteur, l’argent supplémentaire pourrait plutôt servir à financer des festivals, accompagner les jeunes artistes ou soutenir les structures les plus fragiles.
Céline Dion au cœur d’un débat qui dépasse ses concerts
Le sujet avait déjà été porté devant le Sénat au printemps. La sénatrice Karine Daniel avait notamment pris l’exemple des concerts de Céline Dion pour dénoncer le fonctionnement actuel du financement du CNM.
Face aux quelque 17 millions d’euros qui pourraient dépasser le plafond cette année, elle avait résumé son opposition en quelques mots : "Ce système est absurde."
Le mécanisme est d’autant plus discuté qu’une partie des sommes collectées par le CNM doit normalement retourner vers les professionnels. Environ 60 % des recettes de la taxe alimentent un droit de tirage destiné aux producteurs, tandis que le reste finance différentes aides sélectives au secteur musical.
Le succès de Céline Dion en France dépasse donc largement les seules salles de concert. Alors que ses seize dates parisiennes devraient peser plusieurs dizaines de millions d’euros, leur succès relance aussi le débat sur la manière dont l’argent généré par le spectacle vivant doit être redistribué.