Le piège est justement qu’on peut s’être abîmé les yeux sans avoir ressenti la moindre douleur.
Au lendemain de l’éclipse solaire du mercredi 12 août, les personnes ayant regardé directement le Soleil sans protection adaptée doivent être particulièrement attentives à leur vision.
Plusieurs signes doivent conduire à consulter rapidement : l’apparition d’une tache dans la partie centrale du champ visuel, appelée scotome, une déformation des images ou encore une gêne visuelle qui ne disparaît pas.
Ces troubles ne sont pas nécessairement immédiats. Une lésion liée à l’exposition solaire peut se manifester jusqu’à 24 heures plus tard.
Un test simple, œil par œil
Pour repérer une éventuelle anomalie, le centre hospitalier du Mans recommande de tester séparément chaque œil.
Il suffit d’en masquer un, puis l’autre, tout en regardant un fond clair ou un objet fixe. La présence d’une tache sombre au centre de la vision peut constituer l’un des signes d’une maculopathie solaire.
Dans ce cas, mieux vaut ne pas attendre que la situation s’améliore d’elle-même et demander rapidement un avis ophtalmologique.
La rétine peut être brûlée sans douleur
Lors d’une éclipse, l’obscurcissement ambiant favorise la dilatation de la pupille. L’œil laisse alors entrer davantage de lumière au moment où une partie du Soleil redevient visible.
Le danger vient de la rétine, qui peut subir des lésions sans envoyer de signal douloureux.
Certaines atteintes légères peuvent régresser, mais les dégâts les plus importants peuvent être irréversibles. Après l’éclipse de 1999, plus d’un millier de personnes avaient consulté en France pour une suspicion de lésion oculaire et plusieurs dizaines avaient présenté une atteinte de la rétine.
Pour ceux qui ont respecté les consignes et utilisé des lunettes certifiées adaptées à l’observation solaire, aucune précaution particulière n’est nécessaire en l’absence de symptômes.