La multiplication des injections esthétiques réalisées en dehors de tout cadre médical inquiète les professionnels de santé.
Dans une tribune publiée ce dimanche 2 août dans Le Parisien, 5 000 médecins appellent le gouvernement à renforcer rapidement son arsenal contre ces pratiques clandestines.
Les signataires s’adressent directement à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist : "Combien de morts faudra-t-il encore Madame la Ministre ?"
Deux jeunes femmes sont décédées ces quatre derniers mois après avoir reçu des injections effectuées illégalement. Le dernier décès a été constaté lundi à Nice.
Des actes réalisés sans diagnostic médical
Les médecins dénoncent des interventions pratiquées par des personnes dépourvues de formation médicale, souvent recrutant leurs clients par l’intermédiaire des réseaux sociaux.
Selon les organisations à l’origine de la tribune, parmi lesquelles le syndicat des Médecins libéraux et le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, 40 % des personnes ayant recours à des injections en France se tourneraient désormais vers des non-médecins.
Les auteurs du texte qualifient ces praticiens clandestins de "marchands de mort", estimant qu’ils interviennent sans diagnostic, sans maîtrise des produits utilisés et sans capacité à prendre en charge d’éventuelles complications.
Les signataires réclament un alourdissement des peines encourues par les injecteurs illégaux. Ils souhaitent également que les autorités contrôlent davantage les produits achetés et revendus en dehors des circuits officiels.
L’Agence nationale de sécurité du médicament alerte régulièrement sur les risques associés à ces pratiques. Outre le danger mortel, une mauvaise injection peut provoquer de graves infections, des lésions des tissus ou des nécroses.
Les médecins demandent désormais une réponse plus ferme des pouvoirs publics afin d’endiguer un phénomène qui prend de l’ampleur.