La qualification employée à l’antenne n’a pas conduit à une sanction, mais elle a suffisamment interpellé l’Arcom pour que le régulateur adresse un rappel à franceinfo.
L’affaire concerne deux journaux diffusés le 6 mars, à 5h20 et 6h30. La station revenait alors sur une procédure engagée devant le Conseil d’État par une soixantaine de professeurs de droit et de juristes au sujet du pluralisme sur CNews et Europe 1.
Au cours de ces séquences, un intervenant avait qualifié les deux médias de "médias d’extrême droite".
Saisie après ces propos, l’Arcom a examiné le dossier en collège plénier le 22 juillet. Le gendarme du PAF relève que cette qualification politique de la ligne éditoriale de CNews et Europe 1 ne figurait pas dans l’argumentation développée par les juristes à l’origine de la procédure devant le Conseil d’État.
Ces derniers reprochaient notamment à l’Arcom de ne pas suffisamment agir pour garantir le respect du pluralisme sur les deux antennes. Leur référé-liberté avait finalement été rejeté par le Conseil d’État, notamment faute d’urgence caractérisée.
Pour l’Arcom, la manière dont franceinfo a présenté l’affaire nécessitait donc davantage de précautions, en particulier sur un sujet controversé.
Pas de "manquement caractérisé"
Le régulateur n’a néanmoins pas considéré que franceinfo avait franchi le seuil justifiant une sanction.
Aucun "manquement caractérisé" aux obligations de la station n’a été retenu. L’Arcom rappelle toutefois au média public ses devoirs "d’honnêteté et de rigueur" dans le traitement de l’information et l’invite à une vigilance accrue.
La question d’un éventuel caractère diffamatoire des propos ne relève par ailleurs pas de ses compétences. Un contentieux sur ce terrain devrait être porté devant la justice judiciaire.