Dix tirs en pleine rue, un homme désarmé et, quatre ans et demi plus tard, un verdict. Vendredi 25 septembre, Loïk Le Priol a été condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Federico Martin Aramburu. Romain Bouvier écope de 19 ans de prison pour tentative de meurtre.
La cour a écarté les qualifications d’assassinat et de tentative d’assassinat : selon son président, Franck Zientara, le délai entre la bagarre et les tirs était trop bref pour établir que les deux hommes avaient préparé leur geste ensemble.
Le 19 mars 2022, Federico Martin Aramburu, 42 ans, avait été abattu à Paris peu après une altercation dans une brasserie. Sympathisants du GUD, les deux accusés avaient tiré dix fois : Romain Bouvier l’avait touché deux fois et Loïk Le Priol quatre fois, dont un tir mortel. Tous deux niaient avoir voulu le tuer, mais la cour a rejeté leurs explications et écarté la légitime défense. Elle a aussi estimé que le stress post-traumatique de Le Priol n’avait pas altéré son discernement.
L’avocat général avait requis 27 ans de réclusion contre Le Priol et 20 ans contre Bouvier. Contrairement à la cour, il voyait dans les faits une "chasse à l’homme" caractérisant la préméditation. Deux autres accusés ont été condamnés pour dissimulation de preuves : Lyson Rochemir à trois ans de prison, dont 30 mois avec sursis, et Anthony Sorrentino à trois ans avec sursis. Les condamnés, comme le ministère public, disposent de dix jours pour faire appel.
Pendant trois semaines d’audience, la famille et les proches de Federico Martin Aramburu ont suivi un procès qui a ravivé l’émotion à Biarritz, dans le rugby et en Argentine. Sa veuve a rappelé la douleur toujours présente pour leurs trois enfants, sans réclamer de vengeance.
Si la qualification de crime raciste n’avait pas été retenue dans l’instruction, les liens des deux principaux accusés avec l’extrême droite radicale ont aussi traversé les débats.