À la suite d’une décision du Conseil d’État rendue en février 2024 après une saisine de Reporters sans frontières, l’Arcom doit désormais évaluer le pluralisme en tenant compte de l’ensemble des intervenants à l’antenne, et plus seulement des responsables politiques.
Saisie une nouvelle fois par RSF en janvier 2026, l’Arcom a mené une enquête approfondie sur CNEWS, analysant pendant quatre mois 168 heures d’antenne issues de 146 émissions parmi les plus regardées. Le régulateur a examiné les thèmes traités, les opinions exprimées et la place accordée aux points de vue contradictoires.
À l’issue de cette analyse, l’autorité estime que certains sujets, comme la guerre en Ukraine, l’Union européenne ou l’action du gouvernement français, ont fait l’objet d’un traitement déséquilibré.
Sans remettre en cause les opinions diffusées, l’Arcom considère que les analyses divergentes ont été insuffisamment représentées et a conclu à un manquement aux obligations de pluralisme de la chaîne.
Pour la première fois depuis le renforcement des règles de contrôle du pluralisme en 2024, l’Arcom a mis en demeure CNEWS. Cette décision, qui fait suite à un avertissement déjà adressé à la chaîne, ouvre la voie à d’éventuelles sanctions, notamment financières, en cas de nouveaux manquements.
La chaîne a annoncé son intention de contester cette décision devant le Conseil d’État, voire devant les juridictions européennes.
En vue des élections de 2027, l’Arcom prévoit dès la rentrée une surveillance renforcée des chaînes d’information afin de détecter plus rapidement d’éventuels manquements au pluralisme.