Au lendemain de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole, Monique Barbut est revenue sur sa décision de démissionner. Dans un entretien accordé aux Échos, publié ce mercredi, la ministre de la Transition écologique explique avoir accepté de rester au gouvernement après avoir obtenu des garanties d’Emmanuel Macron.
"Je resterai tant que j’ai la garantie de pouvoir agir", affirme-t-elle, tout en précisant que cette expérience sera "sa première et sa dernière" en politique.
La ministre assure que sa position n’a pas évolué concernant la réintroduction, à titre dérogatoire, de l’acétamipride, un pesticide interdit en France mais autorisé au niveau européen.
Elle critique également la manière dont le projet de loi a été adopté, estimant que le débat parlementaire sur cette mesure n’a pas pu se tenir dans des conditions satisfaisantes.
"Je suis en désaccord avec la façon, sur la forme comme sur le fond, dont la version finale du projet de loi agricole a été ficelée", explique-t-elle.
Des garanties obtenues de l’Élysée
Monique Barbut indique avoir finalement renoncé à sa démission après plusieurs échanges avec Emmanuel Macron et une réunion à l’Élysée en présence du Premier ministre.
Selon elle, le président de la République s’est engagé à accélérer plusieurs dossiers environnementaux qu’elle juge prioritaires, notamment sur les PFAS, le cadmium, la protection des captages d’eau potable, l’adaptation au changement climatique ou encore la gestion des forêts.
La ministre affirme qu’un suivi régulier de ces dossiers sera organisé avec le chef de l’État et le Premier ministre.
Souvent jugée discrète depuis son arrivée au gouvernement, Monique Barbut assure qu’elle continuera à défendre ses convictions. "Je resterai moi-même, on ne m’a pas demandé de changer la personne que je suis", conclut-elle.