La réponse judiciaire aux violences du 17 octobre prend une nouvelle dimension. Alors que les procédures se multiplient après les pillages et les dégradations survenus dans plusieurs villes françaises, Gérald Darmanin souhaite renforcer les moyens d'investigation des enquêteurs.
Ce lundi 19 octobre, sur TF1, le ministre de la Justice a annoncé avoir transmis "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée".
Cette qualification, lorsqu'elle est juridiquement applicable aux faits poursuivis, permet notamment de prolonger la durée des gardes à vue, de 48 à 72 heures.
Elle ouvre également la possibilité de recourir à des techniques d'enquête plus poussées, notamment la géolocalisation et les écoutes téléphoniques, dans les conditions prévues par la loi.
L'objectif affiché par le garde des Sceaux est de mieux identifier les personnes impliquées dans les attaques contre les commerces et les bâtiments publics.
Déjà 67 personnes incarcérées
Le ministre a également présenté un nouveau bilan des suites judiciaires de cette journée de violences.
Selon Gérald Darmanin, 2513 personnes se trouvent encore en garde à vue dans le cadre des différentes procédures engagées.
Il annonce également que 67 personnes ont déjà été incarcérées, dont 34 dans le seul ressort de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Ces chiffres témoignent de l'ampleur des investigations menées à travers le territoire après les incidents survenus samedi et durant le week-end.
L'incendie de la mairie de Limoges examiné sous l'angle terroriste ?
Autre dossier évoqué par Gérald Darmanin : l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, particulièrement endommagé lors des violences.
Le ministre de la Justice a indiqué que le Parquet national antiterroriste (PNAT) pourrait se saisir de cette affaire "dans les prochaines heures".
Il a notamment évoqué la possibilité d'un acte organisé par des individus issus de l'ultragauche.
À ce stade, cette éventuelle saisine reste une hypothèse annoncée par le ministre. Elle ne constitue pas, en elle-même, la preuve d'une qualification terroriste des faits.
Les investigations devront notamment permettre de déterminer les circonstances de l'incendie et les responsabilités éventuelles de ses auteurs.