Les petits robots de livraison pourraient bientôt faire leur apparition sur les routes françaises.
Le gouvernement vient de créer un cadre réglementaire permettant leur homologation et leur mise en circulation sur la voie publique. Jusqu’à présent, ces véhicules autonomes destinés au transport de marchandises ne disposaient pas de catégorie adaptée.
Ils seront désormais rattachés à la catégorie L, qui comprend notamment les tricycles et quadricycles à moteur.
Jusqu’à une tonne de marchandises
Derrière l’image du petit robot roulant chargé de quelques colis, les dimensions autorisées pourront être relativement importantes.
Selon leur catégorie, ces véhicules pourront atteindre 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut, avec une charge utile allant jusqu’à 1 000 kg. Certains pourront ainsi effectuer des livraisons sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Ils devront en revanche circuler sur la chaussée et non sur les trottoirs.
Les collectivités territoriales conserveront par ailleurs la possibilité de déterminer les zones et itinéraires sur lesquels ces robots seront autorisés à évoluer.
Caméras, radars et intelligence artificielle
Sans conducteur à bord, les engins s’appuieront sur différents équipements pour analyser leur environnement : caméras, lidars, radars et logiciels embarqués, susceptibles notamment d'utiliser de l’intelligence artificielle.
Ces systèmes devront permettre au robot d’identifier les obstacles et de se déplacer seul à l’intérieur d’une zone ou le long d’un parcours prédéfini.
L’autonomie ne sera toutefois pas totale. Une supervision humaine à distance restera obligatoire, notamment pour détecter les éventuelles difficultés rencontrées pendant une livraison.
Les robots homologués devront également respecter les réglementations applicables aux véhicules automatisés en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles.
Le gouvernement présente surtout ces engins comme une nouvelle solution pour la logistique du dernier kilomètre, particulièrement dans les villes. Électriques, ils sont censés permettre de réduire certaines émissions polluantes et nuisances sonores liées aux livraisons traditionnelles, tout en facilitant l’acheminement des marchandises sur de courtes distances.
"Ces robots contribueront à construire une logistique urbaine plus propre, plus silencieuse et plus efficace", défend le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui assure vouloir permettre l’innovation "sans jamais transiger sur la sécurité".
La France choisit ainsi d’adopter son propre cadre alors que les travaux destinés à harmoniser les règles au niveau européen et international ne sont pas encore achevés.
Le ministère rappelle que plus de 200 expérimentations liées aux véhicules autonomes ont été menées dans le pays depuis 2015. Des essais concernant la livraison robotisée avaient notamment été réalisés à Montpellier dès 2019.
Avec ce nouvel arrêté, les constructeurs intéressés disposent désormais d’une procédure permettant d’obtenir une homologation. Il faudra donc encore attendre les premiers véhicules effectivement autorisés avant de voir ces livreurs sans conducteur rejoindre la circulation quotidienne.