L’épisode de chaleur qui a traversé la France durant la dernière décade de mai restera dans les annales météorologiques.
Dans un bilan publié ce lundi, Météo-France estime que les températures enregistrées entre le 21 et le 30 mai 2026 ont atteint un niveau "inédit pour un mois de mai", avec des valeurs parfois 15°C au-dessus des normales de saison sur une large partie du territoire.
À l’origine du phénomène : un dôme de chaleur installé sur l’ouest de l’Europe pendant le week-end de la Pentecôte.
Ce blocage atmosphérique a favorisé une accumulation d’air chaud sur la France, entraînant un épisode durable, intense et géographiquement très étendu, touchant pratiquement l’ensemble du pays pendant huit jours consécutifs.
L’ouest du territoire a été particulièrement concerné, mais des températures exceptionnellement élevées ont aussi été observées dans le sud et en Île-de-France.
Une première : la vigilance canicule déclenchée en mai
L’un des marqueurs les plus symboliques de cet épisode reste le recours inédit au dispositif de vigilance.
Pour la première fois depuis sa création en 2004, une vigilance canicule a été activée dès le mois de mai, d’abord en jaune à partir du 24 mai, avant une extension et un passage au niveau orange dès le 26 mai.
Jusqu’ici, aucun épisode printanier n’avait nécessité un tel niveau de surveillance.
Météo-France souligne plusieurs chiffres marquants.
Le mardi 26 mai est devenu la journée de mai la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle nationale, avec une température moyenne de 24,9°C sur le pays.
Le 28 mai, plusieurs villes ont connu des températures inédites pour un mois de mai :
• 37,8°C à Angoulême,
• 37,6°C à Narbonne,
• 37,4°C à Perpignan.
Au total, plus de la moitié des stations météorologiques françaises ont battu un record mensuel de température minimale ou maximale, même si aucun record absolu historique n’a été franchi.
Autre fait marquant : la douceur nocturne.
Dans plusieurs villes, les températures minimales sont restées exceptionnellement élevées, notamment 21,7°C à Paris dans la nuit du 29 au 30 mai, 22,1°C à Dinard, en Bretagne et 25,7°C au cap Béar, dans les Pyrénées-Orientales.
Des valeurs particulièrement inhabituelles aussi tôt dans la saison.
Un avant-goût de l’été ?
Faut-il y voir le signe d’un été caniculaire ?
Météo-France reste prudente : il est impossible de prévoir précisément les conditions des trois prochains mois.
L’établissement rappelle toutefois qu’avec le changement climatique, les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents, plus précoces et plus intenses, même si des périodes de fraîcheur restent possibles au cours de l’été.
"De tels épisodes seront observés de plus en plus fréquemment", prévient Météo-France, appelant à une vigilance accrue face aux risques sanitaires liés aux fortes chaleurs.