Pendant plus de trente ans, personne ne connaissait son prénom. Surnommée la "petite martyre de l'A10", une fillette découverte sans vie en août 1987 est aujourd'hui au cœur d'un procès particulièrement attendu.
Ce lundi, ses parents, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, comparaissent devant la justice. La mère est poursuivie pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner", tandis que le père doit répondre de complicité.
Les débats doivent se poursuivre pendant plus de deux semaines.
Une fillette retrouvée au bord de l'autoroute en 1987
L'affaire débute le 11 août 1987, lorsque deux agents d'entretien découvrent une couverture bleue ensanglantée près de l'autoroute A10, à hauteur de Suèvres, dans le Loir-et-Cher.
À l'intérieur se trouve le corps d'une petite fille, enveloppé dans une robe de chambre.
Les examens médico-légaux révèlent de multiples traces de coups et 27 morsures, compatibles avec la dentition d'une femme adulte. Les médecins estiment que la fillette est probablement décédée d'un choc hémorragique consécutif à des violences répétées.
Malgré d'importantes recherches, les gendarmes ne parviennent pas à identifier la victime. Appels à témoins, investigations dans les écoles, porte-à-porte : aucune piste ne permet de retrouver sa famille.
L'enquête connaît plusieurs interruptions avant que les progrès de la génétique ne changent la donne.
L'ADN de son frère permet de résoudre le mystère
En avril 2017, une correspondance est établie entre un profil enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques et un ADN découvert sur la couverture de la victime.
L'homme identifié est le frère de la fillette.
Les investigations permettent alors de retrouver ses parents et de donner enfin un nom à l'enfant : Inass Touloub, née le 3 juillet 1983.
Interpellés en 2018, les parents livrent des déclarations différentes aux enquêteurs.
Ahmed Touloub reconnaît avoir constaté des violences de son épouse envers leur fille, sans être intervenu. Il affirme avoir découvert le corps de l'enfant à leur domicile, avant de prendre la route du Maroc avec sa femme et de déposer la dépouille près de l'autoroute.
De son côté, Halima El Bakhti finit par reconnaître le décès d'Inass et admet lui avoir porté des coups. Elle conteste toutefois être à l'origine des morsures relevées sur son corps.
Ses parents, présumés innocents, encourent tous deux la réclusion criminelle à perpétuité.