Le bras de fer se durcit à Radio France autour de Charles Sapin. Après une assemblée générale organisée mercredi, les syndicats ont décidé de déposer un préavis de grève pour dimanche 13 et lundi 14 septembre.
La centaine de salariés présents avait adopté à l’unanimité une motion exprimant un "refus catégorique" de l’arrivée à l’antenne du journaliste de Valeurs Actuelles. Les participants estiment que les valeurs portées par l’hebdomadaire ne sont pas compatibles avec celles du service public.
"Le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation des discours de haine, condamnables ou condamnés, sur nos antennes", ont-ils notamment écrit.
La direction refuse de retirer Charles Sapin
France Inter entend pourtant maintenir la chronique hebdomadaire du journaliste dans sa matinale.
Dans un message interne, Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, reconnaît le « malaise » provoqué par cette arrivée, notamment en raison du poste occupé par Charles Sapin au sein d’un journal déjà condamné par le passé pour injures racistes.
Mais la direction estime qu’aucun élément ne justifie à ce stade son éviction. "Le procès fait à Charles Sapin repose sur des intentions supposées, non sur des faits, des actes ou des chroniques précises", écrit Vincent Meslet, qui souligne que ses précédentes interventions sur les antennes du groupe n’ont pas posé de problème.
Selon lui, céder à la demande des salariés créerait un précédent dangereux pour l’indépendance éditoriale de Radio France. "La règle qui protège Charles Sapin aujourd’hui est exactement celle qui vous a protégés hier et qui vous protégera demain", défend-il.
La direction assure en revanche qu’elle ne tolérera aucun propos raciste, antisémite, islamophobe, haineux, climatosceptique ou remettant en cause les droits fondamentaux, et qu’elle réagirait si de tels dérapages survenaient à l’antenne.