Presse régionale : Sud Ouest en négociations exclusives pour être racheté par le groupe Rossel

Presse régionale : Sud Ouest en négociations exclusives pour être racheté par le groupe Rossel


Le groupe Sud Ouest est entré en négociations exclusives avec le belge Rossel, propriétaire notamment de La Voix du Nord. L’opération, qui pourrait avoisiner les 100 millions d’euros, ferait émerger le troisième acteur de la presse régionale française.

Le paysage de la presse régionale française pourrait bientôt connaître un important mouvement de concentration.

Le groupe Sud Ouest, détenu à environ 80 % par la famille Lemoîne, négocie son rachat par Rossel France.

Selon une source proche du dossier, l’opération pourrait atteindre une centaine de millions d’euros. Les deux groupes espèrent parvenir à un accord d’ici la fin de l’année, après consultation des représentants du personnel.

En cas de rapprochement, le nouvel ensemble dépasserait 400 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé. Il deviendrait le troisième groupe français de presse régionale derrière SIPA-Ouest-France et EBRA.

La famille fondatrice prête à céder

Le groupe Sud Ouest rassemble notamment le quotidien Sud Ouest, Charente Libre, La République des Pyrénées, mais aussi des activités dans l’événementiel et l’audiovisuel.

La décision d’ouvrir des négociations avec Rossel a été prise à l’unanimité par la cinquantaine d’actionnaires familiaux. Tristan Lemoîne, vice-président du conseil d’administration et descendant du fondateur Jacques Lemoîne, évoque une décision prise avec "beaucoup d’émotion".

Il met en avant le profil familial de Rossel et des valeurs jugées compatibles avec celles de GSO.

Le groupe belge, détenu par la famille Hurbain, possède déjà plusieurs titres en France, dont La Voix du Nord, Le Courrier Picard et L’Union-L’Ardennais. Il revendique 1 700 salariés dans l’Hexagone.

Pas de "doublon évident" selon la direction

Sud Ouest emploie environ 700 salariés, dont 230 journalistes. Le quotidien diffusait 164 000 exemplaires par jour en 2025.

Le groupe a toutefois engagé plusieurs restructurations ces dernières années, avec 81 départs en 2024 puis un nouveau plan prévoyant une cinquantaine de départs volontaires ou de non-remplacements d’ici 2028.

Olivier Cotinat, PDG de GSO, estime qu’un rapprochement avec Rossel ne créerait pas de "synergie géographique" ni de "doublon évident". Il affirme ne disposer à ce stade d’aucun élément concernant d’éventuelles suppressions de postes.

La direction justifie également ce projet par la nécessité d’atteindre une taille suffisante pour financer de nouveaux investissements, notamment face aux enjeux liés à l’intelligence artificielle et à l’utilisation des contenus produits par les médias.

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